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13/01/2014 11:23 EST | Actualisé 15/03/2014 05:12 EDT

Nigeria: Le président Jonathan promulgue une loi condamnant l'homosexualité

Le président nigérian Goodluck Jonathan a promulgué une loi interdisant explicitement les unions entre personnes de même sexe et restreignant les droits des homosexuels, très critiquée sur la scène internationale, a déclaré son porte-parole lundi.

"Je peux confirmer que le président a promulgué cette loi", a déclaré Reuben Abati, le porte-parole du chef de l'Etat nigérian, à l'AFP, ajoutant que cela a eu lieu plus tôt ce mois-ci.

La loi, adoptée à l'unanimité par les parlementaires nigérians en mai dernier, prévoit une peine de 14 ans de prison en cas de mariage homosexuel et 10 ans d'emprisonnement contre les personnes de même sexe affichant publiquement leur relation.

La loi a été approuvée par le président parce qu'elle "correspond aux croyances culturelles et religieuses" des Nigérians, dont "plus de 90% (...) sont opposés au mariage entre personnes de même sexe", a fait valoir M. Abati.

En décembre, Amnesty International avait appelé le président Jonathan à rejeter cette loi, considérée par l'organisation de défense des droits de l'Homme comme "discriminatoire" et dont les conséquences sont "catastrophiques" pour la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre.

Selon cette loi, "les personnes de même sexe qui se lient par un mariage ou un contrat d'union civile commettent un délit et peuvent être conjointement condamnées à une peine de 14 ans de prison chacune".

Le texte prévoit également que "toute personne qui fait fonctionner ou participe à des clubs gays, des sociétés ou des organisations pour homosexuels, ou - directement ou indirectement - affiche publiquement sa relation amoureuse avec une personne de même sexe, commet un crime et encourt une peine de 10 années d'emprisonnement".

Les relations homosexuelles sont déjà sévèrement réprimées au Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, dont la société est très religieuse. Les quelque 170 millions d'habitants se partagent entre chrétiens et musulmans, et une part importante de la population continue aussi à suivre les cultes traditionnels.

Le Premier ministre britannique David Cameron avait averti que son pays envisageait de restreindre les aides aux pays qui ne reconnaissent pas les droits des personnes de même sexe.

Un projet de loi similaire en Ouganda a été vivement condamné par la Grande-Bretagne et les Etats-Unis notamment.

Le Nigeria apparaît cependant moins enclin à céder aux pressions des gouvernements occidentaux, le premier producteur de pétrole africain recevant moins d'aides financières de ces pays.

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