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13/01/2014 06:00 EST | Actualisé 15/03/2014 05:12 EDT

L'ONU tente de lever 6,5 milliards de dollars pour les Syriens

Une soixantaine de pays se réunissent mercredi à Koweït à l'initiative de l'ONU, qui cherche à lever 6,5 milliards de dollars en faveur des millions de Syriens affectés par le conflit qui ravage leur pays.

Cette levée de fonds est la plus importante de l'histoire de l'ONU pour une situation d'urgence humanitaire. Elle vise à aider les quelque 13,4 millions de Syriens qui seront affectés par les violences d'ici la fin 2014, selon les estimations de l'ONU.

La situation a atteint un niveau "critique", a déclaré à l'agence officielle koweïtienne KUNA le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui présidera cette deuxième Conférence internationale des donateurs pour la Syrie.

"Près de la moitié de la population est affectée, (...) 40% des hôpitaux ont été détruits et 20% d'autres ne fonctionnent pas convenablement", a-t-il ajouté.

La réunion d'une journée se tient une semaine avant la conférence dite Genève-2, destinée à trouver une solution politique au conflit, qui a fait plus de 130.000 morts depuis mars 2011, selon une ONG syrienne, et 500.000 blessés, d'après le Comité international de la Croix Rouge (CICR).

"Nous avons demandé 6,5 milliards de dollars. Nous faisons de notre mieux pour soutenir les enfants, les femmes et les hommes touchés par ce conflit sanglant. Le financement dont nous avons besoin est sans précédent", a souligné Valerie Amos, chef des opérations humanitaires de l'ONU.

Ce montant est quatre fois plus important que celui de 1,5 milliard de dollars promis lors de la première conférence tenue fin janvier 2013 au Koweït. L'ONU a déclaré avoir reçu environ 70% de ces promesses.

Quelque 2,3 milliards de dollars seront destinés à aider les 9,3 millions de Syriens qui devraient être affectés en 2014 par les violences à l'intérieur de leur pays.

Explosion du nombre de réfugiés

Les quelque 4,2 milliards restants seront destinés aux habitants ayant trouvé refuge dans des pays voisins et dont le nombre devrait pratiquement doubler d'ici la fin de l'année pour atteindre 4,1 millions de personnes.

Les Syriens ayant besoin d'une aide représenteront en 2014 plus de la moitié de la population du pays avant le conflit, débuté en mars 2011 par une révolte populaire qui s'est transformée en insurrection armée face à la répression sanglante menée par le régime.

Des quartiers entiers ont été ravagés par les bombardements et les combats, notamment dans la deuxième ville du pays Alep (nord) et à Homs (centre).

Pour compliquer encore la donne, des combats sanglants opposent depuis dix jours des rebelles, en majorité islamistes, à des jihadistes, qu'ils accusent d'exactions.

Selon les agences humanitaires, 10,5 millions de Syriens se trouvent confrontés à une situation d'insécurité alimentaire, plus d'un million d'enfants âgés de moins de cinq ans souffrent de malnutrition sévère ou aiguë, et la moitié de la population n'a pas accès à des installations sanitaires correctes ou à de l'eau potable, tandis que 8,6 millions ont un accès insuffisant au système de santé.

Les agences humanitaires de l'ONU ont indiqué que les appels pour les besoins humanitaires en Syrie restaient sous-financés, ce qui affecte leur capacité d'action.

Le nombre de réfugiés dans les pays voisins a été multiplié par quatre en un an, passant de 588.000 personnes fin 2012 à 2,4 millions fin 2013, selon l'ONU.

Actuellement, le Liban accueille le plus grand nombre de réfugiés (905.000), suivi par la Jordanie (575.000), la Turquie (562.000), l'Irak (216.000) et l'Egypte (145.000).

À la fin de 2014, ces chiffres devraient s'élever à 1,65 million au Liban, 800.000 en Jordanie, 1 million en Turquie, 400.000 en Irak et 250.000 en Egypte.

Une partie de ces réfugiés vivent dans des campements, parfois sauvages, dans des conditions particulièrement difficiles.

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