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13/01/2014 12:36 EST | Actualisé 14/03/2014 05:12 EDT

Le Cambodge libère l'oligarque russe Polonski réclamé par Moscou

La justice cambodgienne a libéré lundi l'oligarque russe Sergueï Polonski et suspendu sa procédure d'extradition vers Moscou, qui l'accuse d'avoir été à la tête d'une escroquerie immobilière de centaines de millions d'euros.

"Je suis content", a déclaré Polonski en quittant la salle d'audience. "Je ne suis pas coupable. Je suis un homme d'affaires", a-t-il ajouté devant la presse, assurant qu'il allait rester au Cambodge pour lancer un "grand projet" de développement de plusieurs îles.

L'excentrique magnat de l'immobilier, 41 ans, avait été arrêté en novembre sur une île au large de Sihanoukville, dans le sud-ouest du Cambodge, après le lancement d'un avis de recherche international par la justice russe.

Les enquêteurs russes l'accusent d'une escroquerie de 5,7 milliards de roubles (130 millions d'euros) dans la construction d'un complexe immobilier en 2007-2008. Cette somme avait été réunie auprès de plus de 80 personnes avant que la construction ne soit suspendue.

Mais la cour d'appel de Phnom Penh "a suspendu l'extradition et l'a libéré", a déclaré à la presse l'avocat de Polonski, Benson Samay, estimant que cette affaire était une "guerre de territoire" concernant des intérêts financiers.

Le tribunal a estimé qu'il ne pouvait pas être extradé maintenant parce qu'il est également sous le coup de poursuites au Cambodge, a-t-il précisé.

Le 31 décembre 2012, Polonski, qui aurait des affaires au Cambodge, avait été interpellé avec deux de ses compatriotes à Sihanoukville. Les trois hommes auraient utilisé un couteau pour menacer six membres d'équipage sur un bateau qui les ramenait d'une île voisine. Les victimes ont raconté à la police militaire que les Russes les avaient d'abord enfermées dans la cabine et la salle de bain, avant de les forcer à sauter à la mer.

Il avait été libéré en avril après avoir passé trois mois en détention.

Polonski est connu en Russie pour ses excentricités et ses coups médiatiques.

Ex-patron du groupe immobilier Mirax Group, il avait vu ses affaires s'effondrer peu après le début de la crise financière de 2008, laissant à l'abandon le chantier moscovite de la tour de la Fédération, un gratte-ciel qui était appelé à devenir le plus haut bâtiment d'Europe.

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