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13/01/2014 06:23 EST | Actualisé 15/03/2014 05:12 EDT

Deux mois et demi de mobilisation contre le gouvernement thaïlandais

Les opposants à la Première ministre thaïlandaise, Yingluck Shinawatra, et à son frère Thaksin, chassé du pouvoir par un coup d'Etat en 2006, réclament depuis plus de deux mois la démission du gouvernement. Voici les grandes étapes de cette crise:

2013

- 31 octobre: début de manifestations de l'opposition contre un projet de loi d'amnistie, dénoncé comme taillé sur mesure pour Thaksin, en exil pour échapper à une condamnation à la prison pour malversations financières.

- 1er novembre: le Parlement adopte le texte.

- 11 novembre: le Sénat rejette la loi, mais les manifestants ne désarment pas, réclamant la fin du "système Thaksin" et la tête de Yingluck, qu'ils accusent d'être la marionnette de son frère.

- 24 novembre: le mouvement prend de l'ampleur avec, à Bangkok, selon les autorités, jusqu'à 180.000 manifestants qui assiègeront ou occuperont les jours suivants plusieurs ministères et bâtiments officiels.

- 27 novembre: les manifestations s'étendent, notamment dans le sud, bastion de l'opposition.

- 28 novembre: rejet sans surprise d'une motion de censure contre le gouvernement, le parti Puea Thai au pouvoir étant majoritaire au Parlement.

- 29 novembre: brève occupation du QG de l'armée de terre pour demander aux militaires de les rejoindre.

- 30 novembre: incidents entre manifestants antigouvernement et "chemises rouges" pro-Thaksin dont des dizaines de milliers sont rassemblés dans un stade. Des coups de feux sont tirés. Cinq personnes sont tuées dans des circonstances floues.

- 1er et 2 décembre: la police utilise gaz lacrymogènes, canons à eau et balles en caoutchouc sur des manifestants qui tentent d'entrer au siège du gouvernement. Le 1er, les "rouges" rentrent chez eux pour éviter de nouveaux affrontements. Le 2, mandat d'arrêt émis contre Suthep Thaugsuban, principal meneur des manifestants, pour "insurrection".

- 3 décembre: les autorités laissent finalement les manifestants entrer sans résistance aux sièges du gouvernement et de la police de Bangkok. Ils repartent rapidement d'eux-mêmes. Les tensions s'apaisent à l'approche du 86e anniversaire du roi Bhumibol.

- 5 décembre: le roi de Thaïlande prône la "stabilité" du pays.

- 8 décembre: démission des plus de 150 députés du Parti démocrate, principal parti d'opposition

- 9 décembre: Yingluck annonce des élections anticipées, fixées au 2 février, sans effet sur plus de 100.000 manifestants qui réclament toujours la mise en place d'un "conseil du peuple" non élu.

- 12 décembre: Abhisit Vejjajiva, ancien Premier ministre et leader des Démocrates, est inculpé pour meurtre pour son rôle dans la répression des manifestations des "rouges" en 2010 (90 morts).

- 21 décembre: le Parti démocrate annonce son boycott des législatives.

- 22 décembre: plus de 150.000 manifestants à Bangkok.

- 26 décembre: affrontements entre les forces de l'ordre et les manifestants qui tentent d'entrer dans un stade de Bangkok où a lieu l'enregistrement des candidatures. Un policier et un manifestant sont tués par balle, des membres de la commission électorale sont évacués par hélicoptère.

- 28 décembre: tirs sur un campement de manifestants, un mort.

2014

- 5 janvier: après une pause pour le Nouvel An, les manifestations reprennent.

- 7 janvier: la commission nationale anticorruption annonce qu'elle va inculper 308 députés et sénateurs, la plupart du Puea Thai, après leur tentative ratée d'amender la Constitution pour faire du Sénat une assemblée intégralement élue. Ils risquent cinq ans d'interdiction de politique.

- 13 janvier: début de l'opération de "paralysie" annoncée de Bangkok par des dizaines de milliers de manifestants qui bloquent des carrefours clé de la capitale.

abd/dth/abk

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