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13/01/2014 04:38 EST | Actualisé 14/03/2014 05:12 EDT

Cameroun: décès d'un "symbole de la lutte" pour les droits des homosexuels

Le Camerounais, Jean-Claude Roger Mbede, présenté comme un "symbole de la lutte" pour les droits des homosexuels, est décédé à 35 ans dans son village, a-t-on appris lundi auprès d'une de ses avocates.

"Roger est décédé vendredi soir, probablement des suites de maladie (il avait été opéré en juillet 2013 d'un cancer des testicules)", a affirmé l'avocate suisse Me Saskia Ditisheim, qui assurait la défense du défunt au Cameroun.

"Roger était le symbole de la lutte homosexuelle au Cameroun (...). Une plainte pénale contre (sa) famille sera déposée" pour l'avoir traité comme un pestiféré et privé de soins à cause de son orientation sexuelle, a-t-elle ajouté.

"Depuis trois semaines, il ne répondait plus à son téléphone. Le 7 janvier 2014, un militant est allé s'enquérir de sa situation dans son village", a-t-elle rapporté.

"Sa famille lui a d'abord dit que Roger avait pu obtenir un visa pour la Belgique et qu'il avait déjà voyagé, pour ensuite avouer qu'ils l'avaient confiné dans une chambre dans un village voisin dans le but qu'il meure et qu'il puisse laver l'opprobre jeté sur sa famille du (fait de) son homosexualité", a-t-elle précisé.

"Le seul frère proche de Roger a confié au militant qu'il était +sans expression+ depuis deux semaines et qu'il ne s'alimentait plus", a indiqué l'avocate.

Jean-Claude Roger Mbede, 35 ans, avait été arrêté en mars 2011 après avoir envoyé un SMS amoureux à un responsable de la présidence camerounaise. Il avait écopé en avril 2011 de trois ans de prison dans un pays où les pratiques homosexuelles sont passibles d'une peine pouvant aller jusqu'à 5 ans de prison.

Le 16 juillet 2012, il avait été remis en liberté provisoire mais sa peine avait été confirmée en appel. Il avait alors introduit un pourvoi en cassation devant la Cour suprême avant de se retirer dans son village par crainte d'être renvoyé en prison.

"J'avais beaucoup d'espoir que ce premier dossier déposé à la Cour suprême (qui n'avait pas encore statué) pour délit d'homosexualité ferait évoluer les choses. Il restera vivant dans notre souvenir pour continuer notre combat" pour la dépénalisation de l'homosexualité, a commenté Me Ditisheim.

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