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13/01/2014 05:04 EST | Actualisé 15/03/2014 05:12 EDT

Funérailles d'Ariel Sharon: derniers adieux

ASSOCIATED PRESS
Members of the Knesset guard carry the coffin of former Israeli Prime Minister Ariel Sharon at the Knesset plaza, in Jerusalem, Sunday, Jan. 12, 2014. Sharon, the hard-charging Israeli general and prime minister who was admired and hated for his battlefield exploits and ambitions to reshape the Middle East, died Saturday, eight years after a stroke left him in a coma from which he never awoke. He was 85. (AP Photo/Oded Balilty)

Les dirigeants politiques et militaires d'Israël ont fait leurs adieux lundi au chef militaire et ex-Premier ministre Ariel Sharon, figure controversée qui a inspiré autant l'admiration que la rancune, en présence d'un petit nombre de hauts responsables internationaux.

Le général Sharon a été mis en terre en début d'après-midi dans son ranch familial du sud d'Israël, la ferme des Sycomores, aux côtés de sa deuxième femme Lily conformément à sa volonté.

Huit généraux de l'armée israélienne ont porté le cercueil, enveloppé du drapeau bleu et blanc frappé de l'étoile de David, tandis qu'étaient psalmodiées des prières funéraires.

Suivant la tradition juive, les deux fils du défunt, Omri et Gilad, ont récité le "Kaddish", la prière des morts. Auparavant, un rabbin militaire avait déchiré le col de leurs chemises en signe de deuil.

Prononçant l'éloge funèbre, le chef d'état-major, le général Benny Gantz, a promis de rester fidèle à l'héritage du "combattant".

Plusieurs centaines d'Israéliens assistaient à distance aux obsèques.

Le cercueil d'Ariel Sharon a été conduit jusqu'à la ferme des Sycomores à bord d'un véhicule militaire après une cérémonie d'hommage officiel devant le Parlement isralien à Jérusalem et une brève pause à Latroun, site d'une bataille où il fut blessé en 1948 peu après la naissance de l'Etat d'Israël.

"+Arik+ (le diminutif d'Ariel, NDLR ) a été un homme complexe qui a vécu à une époque complexe et dans un environnement complexe", a résumé le vice-président américain Joe Biden, lors d'un hommage solennel devant le Parlement israélien à Jérusalem, la Knesset.

Surnommé le "bulldozer", le général Sharon "a pu laisser dans son sillage des dégâts considérables mais son objectif et sa motivation étaient toujours clairs", a estimé l'ex-Premier ministre britannique Tony Blair, émissaire du Quartette pour le Proche-Orient.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est lui aussi engagé à "défendre fermement les principes" de son prédécesseur sur la sécurité d'Israël.

"L'Etat d'Israël empruntera toutes les voies possibles pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire", a répété M. Netanyahu.

Enterré à portée de roquette de Gaza

Compte tenu de la proximité de Gaza contrôlée par le mouvement islamiste palestinien Hamas, l'armée, les services de sécurité ont dépêché des renforts tout en élevant leur niveau d'alerte de crainte de tirs de roquettes. Des batteries du système antimissile mobile "Iron Dome" (Dôme de Fer) sont déployées dans le secteur.

"Nous avons pris en compte tous les scénarios possibles. L'armée est prête à réagir immédiatement", a prévenu le chef de la police dans le sud du pays, Yoram Halévy.

Le nombre de drones surveillant en permanence la bande de Gaza a également été augmenté pour tenter de repérer d'éventuels combattants palestiniens se préparant à tirer vers le sud d'Israël, a ajouté la radio.

Le décès de l'ancien homme fort de la droite nationaliste, mort samedi à 85 ans après huit ans de coma, a plongé Israël dans une atmosphère de deuil national.

Quelque 20.000 Israéliens de toute condition ont défilé dimanche devant son cercueil exposé devant la Knesset.

Beaucoup regrettaient le charisme et la bravoure du 11e chef de gouvernement d'Israël.

Les médias israéliens ont de leur côté tiré un bilan nuancé de "l'héritage Sharon".

"Il fut un génie, à la fois généreux et cruel", a résumé le quotidien Maariv.

Lundi à la Knesset, Zeev Hever, souvent présenté comme le "cerveau" de la colonisation israélienne, lui a rendu hommage, malgré le retrait de la bande de Gaza en 2005 et l'expulsion des 8.000 colons du territoire palestinien.

"Tu as appris aux fils d'Israël à combattre et ensuite à s'implanter. Tu as été notre grand maître, voire presque notre père pour tout ce qui est de la construction d'implantations", a déclaré Zeev Hever.

Pourtant, citant des messages échangés entre l'ambassade des Etats-Unis en Israël et le département d'Etat révélés par Wikileaks, le Haaretz a affirmé lundi que Sharon, après le désengagement de Gaza, envisageait des retraits de Cisjordanie et des concessions sur Jérusalem-Est, dont les Palestiniens veulent faire la capitale de leur futur Etat.

Ariel Sharon restera également dans l'Histoire comme l'artisan en 1982 de la désastreuse invasion du Liban, alors qu'il était ministre de la Défense.

Une commission d'enquête israélienne a conclu à la "responsabilité indirecte" mais personnelle de Sharon dans le massacre de centaines de civils palestiniens par ses alliés phalangistes chrétiens libanais dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila à Beyrouth en septembre 1982.

De Gaza à Ramallah, et de Jénine aux camps de réfugiés du Liban, les Palestiniens n'ont pas caché leur joie à l'annonce du décès du "criminel Sharon", tout en regrettant qu'il n'ait pas été traduit devant la justice internationale.

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