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12/01/2014 07:33 EST | Actualisé 14/03/2014 05:12 EDT

Ukraine: les manifestants sont moins nombreux, mais toujours présents

KIEV, Ukraine - Des dizaines de milliers de manifestants se sont réunis au centre de la capitale de l'Ukraine dimanche, alors que les organisateurs de ces rassemblements anti-gouvernementaux cherchaient de nouvelles stratégies devant les descentes répétées du gouvernement et le nombre de militants en chute.

Le mouvement, que l'on appelle maintenant «Euromaidan», a été déclenché en novembre à la suite d'une décision du président Victor Ianoukovitch de bouder une entente avec l'Union européenne pour plutôt resserrer les liens de l'Ukraine avec la Russie. Cette décision a par la suite été scellée par un prêt d'urgence de 15 milliards $ de la part du Kremlin.

En décembre toutefois, les motifs des manifestations ont commencé à changer, après que des escouades anti-émeute eurent dispersé plusieurs rassemblements pacifiques à coups de matraque. Euromaidan est alors devenu un mouvement pour la démocratie et les droits humains.

Les manifestants réclament la démission du président Ianoukovitch et le déclenchement hâtif d'élections parlementaires et présidentielles, ainsi que des mesures punitives pour les autorités responsables des descentes.

Des centaines de milliers de personnes descendaient dans les rues lors des premiers rassemblements, mais la foule ne compte plus que quelques dizaines de milliers depuis quelques temps. Quant au président, il a réussi à s'accrocher au pouvoir sans faire de concession importante à l'opposition.

Dimanche, devant 20 000 personnes, le chef de l'opposition, Vitali Klitschko a dit de ne pas s'attendre à une victoire rapide et il a appelé tous les Ukrainiens à sortir dans le rue et à s'opposer. Les militants d'Euromaidan tentent maintenant de promouvoir leur mouvement dans l'est et le sud du pays, qui sont en faveur de liens plus étroits avec la Russie.

«Nous défendrons notre pays, a affirmé M. Klitschko, un ancien champion mondial de boxe chez les poids lourds. Nous ferons une manifestation pacifique, de manière à être entendus des autorités.»

Il a encouragé la nation entière à faire la grève pour forcer le président et le parlement à déclencher des élections.

De son côté, toutefois, le gouvernement a toujours ignoré les demandes, même au plus fort des rassemblements sur la place de l'Indépendance à Kiev. Maintenant que la position de M. Ianoukovitch a été renforcée par l'aide financière de la Russie, le futur du mouvement de protestation est incertain.

Par ailleurs, des figures connues du mouvement, tant des civils que des membres de l'opposition, se font régulièrement attaquer.

L'ancien ministre de l'Intérieur, Iouri Lutsenko, était toujours hospitalisé, dimanche, après avoir été blessé, la veille, durant des affrontements entre police et manifestants à l'extérieur d'un palais de justice de Kiev. Il s'agit de la plus récente d'une suite d'attaques sur des figures de l'opposition.

Alors que le centre de Kiev demeure bloqué par un imposant campement et des barricades, des experts prédisent que la bataille va se prolonger.

«La situation ne disparaîtra pas d'elle-même juste comme ça, a affirmé Valeriy Chalyi du groupe de réflexion du centre Razumkov à Kiev. La croyance voulant que le temps allait avoir raison des gens ne s'est pas confirmée.»

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