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12/01/2014 02:48 EST | Actualisé 14/03/2014 05:12 EDT

Turquie: Erdogan ne renonce pas au projet de loi sur les pouvoirs d ela justice

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé dimanche que son gouvernement ne renoncerait pas à son projet de loi controversé visant à renforcer le contrôle politique sur les magistrats.

La Commission de la justice du Parlement a "soumis (les propositions) au vote hier (samedi) et a décidé qu'elles n'étaient pas contraires à la Constitution", a déclaré M. Erdogan à la presse à Istanbul.

Samedi, le ministre turc de la Justice Bekir Bozdag avait déclaré que si les groupes parlementaires parvenaient à un consensus en ce sens, le projet de loi pourrait être retiré.

Le projet de loi proposé par le Parti de la Justice et du Développement (AKP), au pouvoir, vise à accorder au ministère de la Justice le dernier mot concernant les affectations des juges à des institutions clés telles que la Cour constitutionnelle, et ce au moment où un retentissant scandale de corruption éclabousse des proches du gouvernement.

Des incidents ont éclaté samedi au cours de la deuxième journée des débats concernant le projet de loi au sein de la Commission de la justice du Parlement, selon des médias locaux, qui ont fait état de jets de bouteilles d'eau et d'un I-Pad par les participants ainsi que de coups de poing pendant cette séance houleuse.

Le projet de loi a été qualifié d'anticonstitutionnel par le Haut Conseil des juges et procureurs (HSYK) et par des partis d'opposition qui ont demandé son retrait.

La Turquie est agitée depuis trois semaines par un scandale de corruption sans précédent qui implique des dizaines de proches du gouvernement islamo-conservateur et menace directement la position de M. Erdogan.

Une vingtaine d'hommes d'affaires, de patrons, d'élus réputés proches du régime, ont été incarcérés pour corruption, fraude ou blanchiment, et trois ministres ont été contraints à la démission.

M. Erdogan soupçonne la police et la justice d'être infiltrés par la confrérie musulmane du prédicateur Fethullah Gülen, en guerre ouverte contre lui, et de manipuler l'enquête anticorruption pour le faire tomber, à quelques mois des élections municipales de mars et de l'élection présidentielle d'août.

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