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12/01/2014 06:29 EST | Actualisé 14/03/2014 05:12 EDT

Syrie: réunion à Paris pour exhorter l'opposition à participer aux négociations de paix

Les onze pays soutenant l'opposition syrienne ont retrouvé dimanche à Paris cette coalition divisée pour l'exhorter à participer coûte que coûte à la conférence de paix sur la Syrie prévue dans dix jours en Suisse.

La réunion au Quai d'Orsay, à l'initiative de la France, a commencé peu avant 10H00 GMT. Sont présents le président Ahmad Jarba et deux des trois vice-présidents de la Coalition nationale, ainsi que les ministres des Affaires étrangères des Onze (Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, France, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar, Egypte, Jordanie, Etats-Unis, Turquie).

"Nous essayons de permettre que (la conférence de paix) Genève-2 se déroule et surtout ait une efficacité mais sans se cacher les difficultés", a souligné un diplomate français selon lequel il y a un consensus entre les Onze sur cette question.

Quarante-huit heures de débats houleux à Istanbul cette semaine n'ont pas permis à la Coalition de prendre une décision sur sa participation. Elle doit à nouveau se réunir le 17 janvier.

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a demandé jeudi aux uns et aux autres de "faire des efforts" et d'aller négocier pour dégager une solution politique au conflit.

Un responsable américain du département d'Etat s'est dit relativement optimiste. "Il y a des gens tout autour de la planète qui font de leur mieux pour faire venir (l'opposition) avec une position unifiée" en Suisse, a-t-il expliqué.

L'objectif de Genève-2, défini par l'ONU conformément à un accord international de juin 2012 à Genève jamais appliqué, est de discuter d'un processus de transition politique avec la formation d'un gouvernement provisoire, composé de membres du régime et de l'opposition, doté des pleins pouvoirs exécutifs.

La Coalition exige, avant le début des négociations, la cessation de l'utilisation d'armes lourdes par le régime et la mise en place de couloirs humanitaires, a rappelé son ambassadeur en France Monzer Makhous.

Plus de 130.000 personnes dont plus de 7.000 enfants ont été tuées dans les combats entre rebelles et régime depuis mars 2011, qui ont provoqué l'exode de millions de déplacés et de 2,4 millions de réfugiés.

"pas une décision facile"

Selon le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, interrogé à son arrivée à Paris, participer à Genève-2 "n'est pas une décision facile pour l'opposition. Nous voulons aujourd'hui essayer de la convaincre et lever les derniers obstacles qui peuvent survenir".

"Des villages, des villages, des familles sont bombardées alors que nous parlons. Il est difficile (pour l'opposition) de s'asseoir et de discuter avec le régime d'Assad (...). Mais c'est le seul moyen de résoudre la crise", a souligné le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague, sur Sky News.

Pour un diplomate français, l'enjeu est aussi de montrer "qu'il y a d'un côté une opposition prête à s'engager dans une transition politique alors que le régime syrien est certes prêt à mettre des gens dans un avion pour Genève mais pas à négocier la solution politique".

En décembre, le régime syrien a annoncé vouloir envoyer une délégation mais le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem a répété que Damas n'irait pas à Genève "pour remettre le pouvoir à qui que ce soit ni faire de transactions avec qui que soit".

Le régime a répété qu'il revenait au président Bachar al-Assad de mener la transition, en cas d'accord à Genève.

Cette attitude, mais surtout l'intensification des bombardements des troupes de Bachar al-Assad sur Alep (nord), expliquent les fortes réticences de plusieurs tendances de la Coalition à aller négocier, d'autant que les principaux groupes de combattants rebelles y sont opposés.

Sur le terrain, l'opposition armée se bat aussi depuis une semaine contre ses ex-frères d'armes, les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), accusés d'exactions. Cette guerre interne a fait en huit jours plus de 700 morts et des centaines de disparus, dans le nord.

Dimanche et lundi, d'intenses échanges diplomatiques sur la Syrie mais aussi sur le processus de paix au Proche-Orient sont prévus à Paris. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry doit rencontrer lundi son homologue russe Sergueï Lavrov, avec au menu la participation éventuelle à Genève-2 de l'Iran qui n'a pas été invité par l'ONU. Téhéran, allié de Damas, prédit un échec des pourparlers s'il n'y assiste pas.

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