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12/01/2014 08:35 EST | Actualisé 14/03/2014 05:12 EDT

Des manifestants anti-gouvernement veulent «paralyser» la ville de Bangkok

BANGKOK - Des manifestants antigouvernementaux ont bloqué lundi certaines des principales intersections de la capitale thaïlandaise, Bangkok, dans une tentative de contrecarrer les élections prévues en février et de renverser la première ministre Yingluck Shinawatra, élue démocratiquement.

Les manifestants ont promis de «paralyser» la ville de 12 millions d'habitants, mais la majorité des établissements et commerces demeuraient ouverts.

Les manifestations ont été pacifiques et même festives. Des foules importantes ont agité des drapeaux thaïlandais et érigé des tentes à sept intersections cruciales, pendant que des manifestants masqués forçaient les automobilistes à faire demi-tour.

Les manifestations ont malgré tout élevé les enjeux d'une crise qui a fait au moins huit morts au cours des deux derniers mois et engendré des craintes d'affrontements plus sanglants encore et même d'un possible coup d'état. Le commandant de l'armée a dit ne pas vouloir être entraîné dans ce conflit, qui met essentiellement aux prises les détracteurs de Mme Shinawatra, qui sont issus des classes moyennes et aisées, et ses partisans, qui proviennent du nord plus pauvre du pays.

Les manifestants accusent le gouvernement de corruption et ont promis de rester dans la rue aussi longtemps que nécessaire. Ils réclament que l'administration de Mme Yingluck soit remplacée par un «conseil du peuple» non élu, qui mettrait en place des réformes qui, selon eux, sont nécessaires pour mettre fin à la corruption et au pouvoir de l'argent. Des détracteurs ont critiqué ces actions qui, disent-ils, visent à mettre un frein à la fragile économie de cette nation du sud-est de l'Asie.

Le principal parti d'opposition a annoncé son boycottage du scrutin du 2 février, que Mme Shinawatra a organisé pour réduire les tensions mais qu'elle est essentiellement assurée de remporter. Des vigiles à la chandelle ont été organisées dans la capitale dans l'espoir de contrer le blocus et forcer la tenue des élections le 2 février, comme prévu.

Mme Yingluck dit qu'elle a offert de rencontrer différents groupes — dont ses détracteurs — mercredi pour discuter d'une proposition de la Commission électorale de repousser le vote. L'opposition n'a pas immédiatement répondu à son offre, mais dans un discours prononcé tard dimanche, le leader du mouvement de protestation, Suthep Thaugsuban, a répété sa promesse que ni lui ni ses partisans négocieraient la fin de la crise.

«Dans ce combat, une défaite est une défaite et une victoire est une victoire. Il n'y a pas de match nul, a-t-il déclaré. Les masses de toutes les couches de la société se sont réveillées. Les gens sont conscients que nous sommes les propriétaires de la Thaïlande.»

Au cours de la nuit, un tireur non identifié a fait feu en direction de manifestants réunis près d'un imposant complexe gouvernemental, atteignant un homme au cou. Selon un responsable des services médicaux d'urgence de Bangkok, l'homme a dû être transporté à un hôpital. Lors d'un incident distinct survenu dans un secteur différent, un autre homme armé a tiré une dizaine de coups de feu en direction des quartiers généraux du Parti démocratique, la formation d'opposition, fracassant de nombreuses vitrines sans toutefois faire de victimes, a indiqué le major Nartnarit Rattanaburi, de la police locale.

La crise date de 2006, lorsque des manifestations de masse ont demandé à Thaksin Shinawatra — premier ministre à l'époque, et frère de Mme Yingluck — de démissionner en raison d'allégations de corruption et d'abus de pouvoir ayant mené à un coup d'état. Depuis, des partisans et opposants de M. Thaksin ont tenté d'accéder au pouvoir, quelques fois avec violence.

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