NOUVELLES
11/01/2014 03:30 EST | Actualisé 13/03/2014 05:12 EDT

Mode homme à Milan: chevaliers normands, explorateurs urbains et cowboys branchés

Dolce&Gabbana a fait voyager samedi ses modèles au temps où la Sicile médiévale était normande, là où Stefano Pilati, pour Ermenegildo Zegna, préfèrent les voir en "explorateurs urbains" et Donatella Versace en cowboys branchés, au premier jour des défilés milanais de prêt-à-porter masculin pour l'hiver prochain.

Dolce&Gabbana: Armures médiévales, portraits de ces rois-chevaliers d'origine normande ayant régné sur la Sicile aux XIIe et XIIIe siècles, invitation parcheminée: le duo Domenico Dolce et Stefano Gabbana avait choisi de nous faire faire un saut dix siècles en arrière, le temps d'une collection à la fois riche et austère. Couronnes sur la tête, gantelets constellés de pierreries protégeant les mains, "mules" aux pieds serties de strass, gorgerin en grosse maille épousant le cou, les épaules et le visage...

Dans leurs costumes, dont les chemises très près du corps arborent des motifs médiévaux (épées, haches, clés, heaumes), les chevaliers du XXIe siècle portent des sacs à dos à tête de pape et d'épais manteaux ornés de portraits de ces guerriers aux noms romantiques, tels Tancrède ou Manfrède.

Ermenegildo Zegna: C'est la nature, dans son immensité spatiale, que Stefano Pilati, le directeur artistique de la maison, a voulu célébrer, "la nature qui est force, progrès et recherche".

A travers un retour aux sources de la marque, aux fibres naturelles et aux matières nobles - cachemire, vigogne, alpaga, soie japonaise -, le sportif devient élégant, le paraître relatif et le costume de luxe prend de la hauteur. Cela passe par des bombers et des pantalons coupés courts - le "cropped" a encore de beaux jours devant lui -, qui laissent voir la taille et les chevilles, des manteaux flottants, des écharpes très longues et des pans de tissus qui tombent négligemment derrière le dos ou le long de la jambe.

Les vestes ont des revers à carreaux et le poncho à capuche couleur camel habille cet "explorateur urbain" voulu par le créateur.

Jil Sander: Silhouette nette, pantalons taille haute, pull ras du cou, grandes poches... En l'absence de la créatrice allemande - "nous ne sommes pas à la recherche d'une styliste" a confié Franco Pené, l'administrateur délégué d'Olg, le groupe italo-japonais propriétaire de la marque -, le style propre et rigoureux de la maison est toujours là. Les matières sont recherchées - tweed, chintz, flanelle, mohair - et les couleurs éclatantes, avec une palette allant du violine au vert sombre, de l'anthracite à l'argenté. L'homme Jil Sander est un citoyen du monde, qui va de l'avant d'un pas décidé.

Costume National: Inspirée par David Bowie, et notamment sa période berlinoise (1977-1979), la collection imaginée par Ennio Capasa est faite pour des hommes "se sentant des héros, qui souhaitent le changement", qui refusent les "excès" de la décennie précédente et qui recherchent "des valeurs" dans une période pleine de contradictions. D'où des couleurs fortes - ici, le bleu est électrique, marié au noir, le rouge est carmin et brille, et le vert bouteille - et des coupes très techniques, où les blazers sont confortables et les pantalons s'allongent, épousant des lignes très masculines.

Versace: Pour Donatella Versace, nul besoin de remonter au temps des croisades pour trouver l'inspiration, il suffit de traverser l'Atlantique et de se plonger dans le Grand Ouest, le Western moderne, où des cowboys branchés, vêtus de chemises or et noir, portant de grands sacs en cuir, avec à leur cou des chaînes en or qui brillent, parcourant la prairie. Etoile de shérif, cactus en pierreries, fer à cheval en surimpression: rien n'est trop beau pour ces hommes habillés de cuir rouge et noir, et dont les protège-sexe "bling bling" s'ornent de clous dorés.

Les défilés se poursuivent dimanche avec notamment la présentation des collections de Bottega Veneta, Salvatore Ferragamo, Vivienne Westwood, Missoni et Prada.

lrb/mr

PLUS:hp