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11/01/2014 12:45 EST | Actualisé 12/03/2014 05:12 EDT

Haïti: quatre ans après le séisme destructeur, la reconstruction traîne

Quatre ans après le violent séisme qui a ravagé Haïti, tuant plus de 250.000 personnes, la reconstruction du pays le plus pauvre du continent américain traîne, à l'image du palais présidentiel et de la cathédrale de Port-au-Prince, toujours en ruines.

"Nous allons appuyer sur l'accélérateur pour faire avancer les projets en cours et les Haïtiens seront fiers de la reconstruction", a lancé vendredi le Premier ministre Laurent Lamothe, présentant à la presse les maquettes de quelques bâtiments publics en chantier.

Face aux critiques sur la lenteur des travaux de reconstruction des édifices administratifs dont le palais législatif, le chef du gouvernement d'Haïti a invité ses compatriotes au rassemblement: "La reconstruction, c'est l'affaire de tous. Pas seulement du président Michel Martelly et du gouvernement".

"Le régime actuel est passé complètement à côté de la reconstruction en laissant derrière le plan de refondation du pays qui était négocié avec les bailleurs internationaux", dénonce de son côté Dieudonné Saincy, porte-parole d'un parti d'opposition. Comme le Premier ministre, il regrette qu'une bonne partie (42%) de l'aide internationale ait été dépensée dans l'urgence post-séisme, et non dans la reconstruction du pays.

"Nous avons été chanceux de trouver l'aide du Venezuela. La plupart des projets que nous réalisons sont faits avec l'argent du Venezuela. Avec peu de moyens, nous avons fait beaucoup de choses", a confié M. Lamothe à l'AFP tout en souhaitant que la communauté internationale verse l'autre partie de l'aide promise.

M. Saincy regrette également la crise politique actuelle: "Nous pataugeons dans la crise politique. Les trois pouvoirs sont paralysés et les projets de reconstruction ont été détournés", soutient-il.

Après le séisme, plusieurs plans d'architectures pour la reconstruction de Port-au-Prince ont été présentés au public, mais les chantiers n'ont pas été lancés.

"La reconstruction de la capitale passera par la création d'un nouveau centre-ville et par l'érection d'une cité administrative. C'est ce que nous avons tiré du projet proposé par l'organisation du Prince Charles", a répondu le Premier ministre haïtien.

Plus d'un million de personnes se sont retrouvées à la rue et 42 édifices publics ont été détruits lors du séisme qui a ravagé le pays le 12 janvier 2010.

"Le pays était profondément blessé. Nous n'avons retrouvé aucune structure, mais nous avons relogé les sans-abris et la construction de 7 ministère et bureaux publics est en cours", relève le Premier ministre d'Haïti dans un entretien avec l'AFP.

Mais près de 200.000 personnes résident encore dans des abris provisoires et les habitants du camp du Canapé Vert, en bord d'une avenue de Port-au-Prince dénoncent des conditions qui empirent disent manquer de tout depuis le départ des ONG.

Des organisations de la société civile ont appelé le gouvernement à faire cesser les expulsions qui se sont multipliées ces derniers temps.

Le Premier ministre d'Haïti a lancé un appel à la communauté internationale pour apporter la contribution promise, près de neuf milliards de dollars lors d'une rencontre à New York. "Si la communauté internationale avait respecté son engagement, nous aurions fait 10 fois plus que ce que nous avons pu réaliser", assure-t-il.

L'ambassade des États-Unis qui voit un redressement en Haïti s'est dite encouragée et s'engage à "travailler chaque jour en vue d'aider Haïti à aller de l'avant, et offrir de meilleures conditions de vie dans le pays et pour les Haïtiens".

"Il faut continuer à sensibiliser la communauté internationale, mais Haïti se porte mieux quatre ans après le séisme même s'il reste beaucoup à faire", conclut M. Laurent Lamothe.

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