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11/01/2014 01:52 EST | Actualisé 12/03/2014 05:12 EDT

Égypte : Al-Sissi évoque sa candidature à la présidence

Le général Abdel Fattah Al-Sissi, président du Conseil suprême des forces armées égyptiennes, a déclaré samedi qu'il pourrait être candidat à la présidence du pays si le peuple le lui demandait et si l'armée le soutenait, rapporte le quotidien Al Ahram sur son site internet.

Abdel Fattah Al-Sissi, qui a orchestré l'éviction en juillet dernier de Mohamed Morsi, le premier président démocratiquement élu de l'histoire de l'Égypte, est considéré comme un candidat probable au poste de chef de l'État, mais ses propos de samedi sont les plus clairs qu'il ait prononcés à ce jour sur le sujet.

« Si je suis candidat, cela devra être à la demande du peuple et avec un mandat de mon armée [...] Nous vivons dans une démocratie », a-t-il dit lors d'un séminaire organisé par l'armée au Caire.

Dans une entrevue publiée samedi par le journal Al Hayat, le président de l'Assemblée qui a élaboré le projet de nouvelle constitution, Amr Moussa, a dit s'attendre à ce que le général Sissi présente sa candidature à la présidence en réponse à une demande populaire en ce sens.

« Nous devons écouter une opinion publique qui réclame cet homme, et c'est comme un mandat donné à celui-ci. C'est ainsi... La population dit qu'elle veut Sissi et nous devons nous ranger à cet avis », a dit Amr Moussa au journal.

Si le général Sissi jouit d'un fort soutien dans la population, pour une bonne partie satisfaite du coup d'arrêt porté au pouvoir islamique des Frères musulmans, il est honni par les partisans de Mohamed Morsi, qui voient en lui le cerveau du coup de force du 3 juillet dernier.

Al-Sissi appelle à voter lors du référendum

Les Frères musulmans accusent les militaires d'avoir organisé un véritable coup d'État et manifestent régulièrement pour réclamer le retour au pouvoir de Mohamed Morsi, mais plusieurs milliers de membres du mouvement islamiste ont été arrêtés ces derniers mois.

Après le renversement le 3 juillet de Mohamed Morsi, alors contesté par des manifestations de masse, l'armée a installé à la tête de l'État un président par intérim, Adli Mansour, et piloté la définition d'un processus de transition démocratique.

Adli Mansour a déclaré fin décembre que le gouvernement tenait à la tenue d'élections présidentielle et législatives dans les six mois qui suivront le référendum prévu les 14 et 15 janvier sur le projet de nouvelle Constitution.

Cité par l'agence de presse Mena samedi, Abdel Fattah Al-Sissi a appelé les Égyptiens à « assumer leur responsabilité nationale et à aller voter en masse au référendum constitutionnel afin de corriger le chemin vers la démocratie et de construire un État démocratique moderne ».

Si elle est adoptée, la nouvelle constitution renforcera l'indépendance de l'armée, s'affranchira des ajouts d'inspiration islamiste figurant dans la constitution actuelle et interdira entre autres les partis politiques sur des bases religieuses.

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