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11/01/2014 12:09 EST | Actualisé 13/03/2014 05:12 EDT

Etats-Unis et ONU rendent hommage à Sharon, que les Palestiniens qualifient de "criminel"

Les Etats-Unis et l'ONU ont rendu hommage à la mémoire d'Ariel Sharon après sa mort samedi, réitérant à cette occasion leur appel à la création d'un Etat pour les Palestiniens, dont les dirigeants ont de leur côté qualifié de "criminel" l'ex-Premier ministre israélien.

Pour Barack Obama, Ariel Sharon a "consacré sa vie à l'Etat d'Israël".

"Nous restons attachés à une paix durable et à la sécurité pour le peuple d'Israël, y compris par notre engagement en faveur de l'objectif de deux Etats vivant côte à côte dans la paix et la sécurité", a encore déclaré le président américain.

La brièveté et la sobriété de son communiqué ont tranché avec celui du secrétaire d'Etat John Kerry, d'après lequel "Le voyage d'Ariel Sharon a été celui d'Israël". "Le rêve d'Israël a été sa raison de vivre et il a joué le tout pour le tout pour faire vivre ce rêve", a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a pour sa part salué "le courage politique et la détermination dont il a fait preuve en appliquant la décision douloureuse et historique de retirer les colons et les soldats israéliens de la bande de Gaza" en 2005.

"Tout au long d'une vie dévouée à l'Etat d'Israël, Ariel Sharon a été un héros pour son peuple, d'abord en tant que soldat, puis en tant qu'homme d'Etat", a jugé M. Ban.

Evoquant les négociations de paix israélo-palestiniennes auxquelles participe "son successeur" Benjamin Netanyahu, il a appelé "Israël à s'inspirer de l'héritage de pragmatisme (d'Ariel Sharon) pour s'efforcer de créer enfin un Etat palestinien indépendant et viable, aux côtés d'un Israël en sécurité".

Pour le président français François Hollande, Ariel Sharon a été "un acteur majeur dans l'histoire de son pays". "Après une longue carrière militaire et politique, il a fait le choix de se tourner vers le dialogue avec les Palestiniens", a-t-il souligné.

En revanche, les dirigeants palestiniens ont déploré que l'ex-Premier ministre israélien n'ait pas été traduit devant la justice internationale pour ses "crimes".

"Sharon était un criminel, responsable de l'assassinat d'Arafat, et nous espérions qu'il comparaisse devant la Cour pénale internationale (CPI) en tant que criminel de guerre", a dit à l'AFP Jibril Rajoub, un haut responsable du Fatah, le mouvement du dirigeant historique palestinien.

Jusqu'à la mort en novembre 2004 de Yasser Arafat, qu'il avait fait assiéger par les chars israéliens à partir de décembre 2001, Ariel Sharon avait multiplié les menaces à son encontre, nourrissant les soupçons d'un empoisonnement, qu'Israël a toujours nié.

Un porte-parole du Hamas, au pouvoir à Gaza, Sami Abou Zouhri, a estimé que le décès d'Ariel Sharon était un "exemple pour tous les tyrans".

"Notre peuple vit un moment historique avec la disparition de ce criminel aux mains couvertes de sang des Palestiniens et de leurs dirigeants", a poursuivi ce porte-parole du mouvement islamiste, dont le fondateur et chef spirituel, cheikh Ahmad Yassine, a notamment été assassiné en 2004 par l'armée israélienne sur ordre d'Ariel Sharon.

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a également jugé "regrettable que Sharon aille vers sa tombe sans répondre devant la justice de son rôle (dans le massacre en 1982 de centaines de civils palestiniens, ndlr) à Sabra et Chatila (des camps de réfugiés à Beyrouth, ndlr) et dans d'autres violations" des droits de l'Homme.

Mais pour l'ex-président américain Bill Clinton, qui s'exprimait en son nom et en celui de son épouse Hillary, ancienne secrétaire d'Etat, "Ariel Sharon a donné sa vie à Israël (...), et, à la fin de sa longue carrière, il a créé un nouveau parti politique dédié à une paix juste et à une sécurité durable".

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