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11/01/2014 09:35 EST | Actualisé 13/03/2014 05:12 EDT

Conflits sanglants et milliers de morts: un début d'année violent en Afrique

NAIROBI, Kenya - L'Afrique subsaharienne voit l'année 2014 débuter durement, avec les conflits au Soudan du Sud et en République centrafricaine, en plus des attaques qui font rage en Somalie et au Kenya,notamment.

Les bilans des morts en Afrique sont accablants et les événements, cruels. Déjà 10 000 personnes sont mortes au Soudan du Sud depuis le début des affrontements, il y a un mois, alors que les combats entre musulmans et chrétiens en République centrafricaine ont tué jusqu'à des enfants.

En comparaison avec les dernières décennies, les conflits africains sont moins nombreux, mais les récentes poussées de violence suscitent l'inquiétude, a observé J. Peter Pham, le directeur du lobby Africa Center at the Atlantic Council, à Washington.

De plus, les efforts de paix internationaux sont trop absents de ces conflits.

Le conflit ethnique qui a éclaté au Soudan du Sud le 15 décembre a fait déferler une vague de violence sur le pays. Peu après, l'Ouganda a envoyé des troupes et du matériel militaire pour venir en aide au gouvernemental central du Soudan du Sud devant les unités rivales de sa propre armée.

Casie Copeland, une spécialiste du Soudan du Sud de l'organisme International Crisis Group, croit que les conflits en Afrique tendent à amener la participation d'autres pays.

Vendredi toutefois, le Conseil de sécurité de l'ONU a «fortement découragé une intervention extérieure qui exacerberait les tensions politiques et militaires». Selon l'ONU, 1000 personnes sont mortes dans le conflit au Soudan du Sud. Mme Copeland a toutefois contredit ce bilan après avoir discuté avec des travailleurs de l'ONU, divers acteurs de l'aide humanitaire, des autorités gouvernementales et des combattants. Elle estime que 10 000 Sud-soudanais ont perdu la vie.

En République centrafricaine, les civils souffrent terriblement depuis que des rebelles armés, surtout des musulmans, ont destitué le président en mars 2013. Les rebelles ont été accusés d'avoir perpétré nombre d'atrocités après avoir pris le pouvoir, et des violences intercommunales ont explosé le mois dernier, faisant plus de 1000 morts en quelques jours.

L'UNICEF rapporte que deux enfants ont été décapités et que les enfants subissent les «niveaux de violence sans précédents». Environ 935 000 personnes auraient été déplacées partout au pays. Des soldats français et des gardiens de la paix régionaux tentent de tempérer les violences.

Vendredi, le président rebelle qui s'était emparé du pouvoir, Michel Djotodia, et son premier ministre ont accepté de démissionner.

John Prendergast, le cofondateur d'un groupe militant de Washington, a affirmé cette semaine, devant un comité de discussion sur les défis de l'Afrique pour 2014, que les organismes régionaux et internationaux devaient arrêter de traiter ces conflits isolément, mais plutôt comme un seul système intégré.

Pour ce faire, il faudrait adopter des procédés de pacification compréhensifs et des négociateurs de paix tolérants et stables à long terme.

En Somalie, l'un des pays les plus violents du continent, des activistes liés à al-Qaïda, ont fait exploser deux voitures piégées le jour du Nouvel an, faisant au moins cinq morts.

Au Kenya, pays voisin qui a aussi des soldats en Somalie, une grenade a été lancée le lendemain dans un bar de la côte, faisant dix blessés. Le pays a annoncé vendredi avoir mené une opération militaire en Somalie et avoir tué 30 militants.

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