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11/01/2014 10:03 EST | Actualisé 13/03/2014 05:12 EDT

Bangui toujours sous haute tension malgré la démission de Djotodia

Flambée de violence puis retour à une apparente normalité: Bangui n'a pas retrouvé la paix samedi, après la démission la veille du président Michel Djotodia, qui laisse la Centrafrique sans exécutif jusqu'à l'élection d'un nouveau dirigeant par le Parlement provisoire.

Fuyant les violences et le climat de haine, les étrangers établis en Centrafrique - Tchadiens surtout, mais aussi Ouest-Africains - continuent de quitter le pays en masse. L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a commencé à assurer de nouveaux vols samedi pour évacuer dans un premier temps 800 Tchadiens.

Au total, 60.000 immigrés africains ont demandé de l'aide à leurs ambassades respectives, selon l'OIM.

Après une nouvelle flambée de pillages dans la nuit de vendredi à samedi suite à la démission de M. Djotodia, la capitale a retrouvé au fil des heures son aspect des jours précédents: calme et apparente normalité dans beaucoup de quartiers, qui masque une extrême tension susceptible à la moindre étincelle de dégénérer en quelques instants en violences.

En ville, les soldats de la force africaine contrôlaient tous les véhicules, à la recherche d'armes. Près du stade de 20.000 places, des soldats français interrogeaient les habitants sur les violences de la nuit, tandis que les blindés de l'opération Sangaris se montraient ostensiblement dans les rues.

Samedi matin encore, au carrefour de la Réconciliation, des pillards vidaient des commerces. Au moins deux personnes y ont été blessées par balle, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Mosquée démembrée

Des scènes similaires ont eu lieu dans d'autres secteurs. Au quartier Bimbo, dans le sud, un groupe majoritairement composé de jeunes hommes vidait et démembrait une mosquée, emportant toiture et briques. "C'est impossible de vivre avec des musulmans. on ne veut pas des Arabes en Afrique centrale", lançait un des pillards, Béranger.

Selon le président de la Croix-rouge centrafricaine, le pasteur Antoine Mbaobogolui, il y a eu "énormément de pillages" pendant la nuit. "Ceux qui ont été pillés à l'arrivée des Séléka (en mars, à la prise du pouvoir par M. Djotodia) pillent à leur tour. Pour eux, c'est le 14 juillet", a expliqué à l'AFP le pasteur.

Des tirs ont fait au moins cinq morts pendant la nuit, selon un nouveau bilan établi dans l'après-midi par la Croix-rouge, qui avait recensé trois tués le matin.

Le président Djotodia, accusé par la communauté internationale de passivité face aux violences interreligieuses qui ont tourné à des tueries de masse, a démissionné vendredi à N'Djamena sous la pression des dirigeants d'Afrique centrale qui l'y avaient convoqué pour un sommet extraordinaire.

Trouver au plus vite un nouveau président

Désormais sans exécutif, puisque le Premier ministre de transition Nicolas Tiangaye a lui aussi démissionné, la Centrafrique doit se trouver - au plus vite, a demandé la France, qui souhaitait le départ de Djotodia - un nouveau président de transition.

La tâche revient au Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire), composé de 135 membres nommés après la prise de pouvoir en mars de M. Djotodia, issus des différents partis politique, du mouvement Séléka, de la société civile et d'institutions publiques.

Les membres du CNT sont rentrés samedi à Bangui de N'Djamena où ils avaient été convoqués jeudi par les dirigeants d'Afrique centrale.

Le CNT doit ouvrir une session spéciale en début de semaine pour élire le nouveau chef de l'Etat.

L'intérim, 15 jours au maximum, sera assuré par le président du CNT, Alexandre-Ferdinand Nguendet. "Nous attendons que la Cour Constitutionnelle nous notifie la démission du chef de l'Etat de transition. C'est à partir de cet instant que je vais assumer la vacance" du pouvoir, en vertu de la Constitution de transition, a-t-il expliqué à l'AFP.

Le nouvel élu aura la lourde tâche de pacifier le pays, de remettre une administration totalement paralysée en état de marche et de permettre aux centaines de milliers de déplacés de rentrer chez eux. La France a également fait savoir qu'elle souhaitait voir se tenir des élections générales "avant la fin 2014".

bur-mc/mba

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