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11/01/2014 01:20 EST | Actualisé 12/03/2014 05:12 EDT

Arctique : Ottawa et Moscou mettent leurs différends de côté

Qu'il s'agisse des importantes différences d'opinions sur les droits des homosexuels, l'intervention dans le processus politique ukrainien, ou la controverse sur l'adoption pour les couples de même sexe, il ne manque pas de points de friction, ces jours-ci, entre le Canada et la Russie.

Mais l'horizon n'est pas entièrement bouché, soutient le ministre des Affaires étrangères canadien John Baird, lui-même un virulent détracteur de la loi russe « antigais ». Puisque, dit-il, les deux pays s'entendent dans un domaine important : l'Arctique.

« Sur la question de l'Arctique et d'autres dossiers, nous pouvons et nous avons bien travaillé, a dit M. Baird lors d'une récente entrevue. J'ai une relation professionnelle avec mon homologue russe, Sergueï Lavrov. »

« Je ne suis pas d'accord avec lui sur certains points. Mais il est un ministre des Affaires étrangères intelligent, expérimenté et efficace pour son gouvernement. »

Cette abondance de termes diplomatiques survient après que le ministre Baird n'eut pas mâché ses mots concernant les droits des homosexuels, à l'approche des Olympiques d'hiver de Sotchi, qui doivent débuter le mois prochain.

M. Baird s'en est effectivement vertement pris à la Russie pour sa loi contre la « propagande homosexuelle », et à écrit à son homologue à ce sujet. Il est également descendu dans la rue ukrainienne pour appuyer les manifestants anti-Russie lors d'une récente visite à Kiev. Le gouvernement canadien s'est aussi montré critique d'une loi russe interdisant les adoptions par des Canadiens en raison de la légalité des mariages gais au pays.

L'approche conciliante de M. Baird dans le dossier de l'Arctique s'explique également par le fait que cette région est essentielle dans l'ordre du jour du gouvernement Harper. Les conservateurs désirent développer le potentiel économique du Nord, y compris en exploitant de vastes réserves de pétrole et de gaz.

Cela fait du Canada et de la Russie des alliés, du moins en partie, puisque les deux pays sont membres du Conseil de l'Arctique, dont Ottawa assume la présidence depuis peu.

Le mois dernier, après que le Canada eut réclamé la possession territoriale d'une bonne partie de l'océan Arctique, le président russe a riposté en assignant davantage de moyens militaires dans le nord de son pays.

Au dire d'un expert, si le Canada montre patte blanche à la Russie dans l'Arctique, Ottawa doit aussi agir sérieusement pour livrer les moyens militaires promis dans le cadre de la stratégie des conservateurs pour le Nord. Cela signifie mettre en service des navires et des moyens de surveillance aérienne qui seraient vus comme une riposte à l'armement accru des Russes, en plus de réaffirmer la souveraineté canadienne. 

M. Baird réitère à qui veut l'entendre qu'il n'envisage pas de passer sous silence les dossiers controversés entre Ottawa et Moscou.

« À Saint-Pétersbourg, lors du sommet du G20, nous avons eu une longue discussion sur les droits de la personne avec le ministre Lavrov, et à propos des politiques sur les minorités sexuelles. Je n'hésite jamais à soulever ces questions. »

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