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10/01/2014 09:47 EST | Actualisé 12/03/2014 05:12 EDT

L'économie américaine n'a créé que 74 000 emplois en décembre

WASHINGTON - L'année 2013 aux États-Unis s'est terminée sur le plus faible mois en trois ans au chapitre de l'embauche, ce qui n'a pas manqué de soulever des questions sur la viabilité de la récente vigueur affichée par le marché du travail américain.

Les employeurs n'ont créé que 74 000 emplois en décembre, après en avoir créé en moyenne 214 000 lors des quatre mois précédents. Des économistes ont estimé que les températures froides pouvaient avoir joué un rôle dans le ralentissement marqué.

Plusieurs analystes ont en outre indiqué qu'ils devraient étudier davantage de données avant de pouvoir dire si le marché de l'emploi a perdu de son élan.

Le département du Travail a indiqué vendredi que le taux de chômage avait reculé de 0,3 point de pourcentage pour s'établir à 6,7 pour cent, son plus faible niveau depuis octobre 2008. Mais le recul est principalement attribuable au fait que plusieurs Américains ont cessé de rechercher un emploi. Une fois que les personnes sans emploi arrêtent d'en chercher un, le gouvernement ne les considère plus comme des chômeurs.

La proportion de personnes qui travaillent ou recherchent un emploi — la population active — a reculé à 62,8 pour cent le mois dernier, égalant un creux de 36 ans. L'expiration, le mois dernier, de prestations d'assurance-emploi pour 1,3 million de chômeurs à long terme pourrait accélérer cette tendance si plusieurs d'entre eux cessent de chercher un emploi. Ces prestataires devaient être à la recherche d'un emploi s'ils voulaient recevoir leurs chèques.

Il n'était toujours pas clair si le ralentissement de l'embauche pourrait forcer la Réserve fédérale des États-Unis à repenser la stratégie de retrait de certains de ses programmes de relance. La banque centrale a décidé le mois dernier de réduire la portée de son programme mensuel d'achats obligataires, qui vise à réduire les taux d'intérêt pour encourager l'emprunt et les dépenses.

Par ailleurs, les températures inhabituellement froides pourraient avoir contribué aux faibles embauches de décembre. Les sociétés de construction, dont l'activité dépend grandement des conditions météorologiques, ont supprimé 16 000 emplois — leur plus grande baisse en 20 mois.

Malgré le ralentissement marqué de décembre, les gains mensuels atteignent toujours en moyenne 182 000 nouveaux emplois pour l'an dernier, ce qui est près de la moyenne mensuelle des deux années précédentes.

Le secteur des fabricants a été un des rares points forts du mois dernier. Les usines ont accueilli 9000 nouveaux travailleurs, ce qui constitue un cinquième gain mensuel consécutif — même s'il reste inférieur à celui de 31 000 nouveaux emplois de novembre. Les détaillants ont vu leurs rangs se grossir de 55 000 travailleurs.

Les récentes données économiques en provenance des États-Unis dressent le portrait d'une économie connaissant une croissance soutenue. Les exportations ont atteint un niveau record en novembre, ce qui a réduit le déficit commercial du pays. Les entreprises ont commandé davantage de biens fabriqués. Les ventes d'automobiles ont touché un sommet de six ans en 2013.

Les analystes calculent que l'économie a probablement connu une croissance annuelle de 3,0 à 3,5 pour cent pour le trimestre d'octobre à décembre. Cela représente une forte hausse par rapport aux prévisions précédentes d'environ deux pour cent ou moins. La croissance s'était établie à 4,1 pour cent pour le trimestre de juillet à septembre.

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