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10/01/2014 02:24 EST | Actualisé 12/03/2014 05:12 EDT

La courte liste de candidats pour le projet Mars One compte 75 Canadiens

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MONTRÉAL - Plusieurs dizaines de Canadiens fascinés par l'espace sont surpris, excités et confiants après avoir atteint la deuxième ronde de sélection pour un aller simple vers la planète Mars.

Ces 75 Canadiens — 43 femmes et 32 hommes — se rapprochent de l'objectif de faire partie des premiers humains à poser le pied sur la planète rouge.

Mars One, une organisation à but non lucratif établie à Amersfoort, aux Pays-Bas, projette d'envoyer un équipage de quatre personnes tous les deux ans, le premier groupe devant arriver en 2025.

Certains parents qui pourraient ne jamais plus voir leur proche semblent avoir des sentiments mitigés quant à la possibilité de voir des Canadiens participer à une première colonie en sol martien.

Mars One dispose d'un bassin mondial de candidats de plus de 200 000 personnes, dont 8243 Canadiens. La moyenne d'âge se situe à environ 35 ans.

Le 30 décembre, cet échantillon a été réduit de 99,5 pour cent — laissant seulement 1058 candidats pour la deuxième ronde de sélections. Cinq Québécois figurent sur cette deuxième liste: Bryan Vézina et Olivier Mercier, de Québec, Norman Dominic Green, de Sherbrooke, Claude-Michel Laroche, de Saint-Bruno-de-Montarville, et Audrey Roy, de Saint-Éphrem-de-Beauce.

Audrey Roy, étudiante en physique appliquée âgée de 19 ans, a ainsi sauté sur l'occasion, affirmant qu'elle rêve depuis toujours de voyager dans l'espace. «J'ai fait des recherches sur la mission, évalué les pour et contre. Je crois vraiment que ce serait un grand pas pour l'humanité, et je serais vraiment fier d'en faire partie», a-t-elle expliqué.

Mme Roy a affirmé que la nouvelle avait été accueillie avec joie et tristesse par ses parents et amis, qui se réjouissent pour elle mais appréhendent le fait de ne plus jamais la revoir.

«La réaction de ma famille est un peu partagée (...) Certains croient que c'est trop risqué ou pas important, mais la plupart sont fiers de me voir poursuivre mes rêves», a-t-elle confié.

La jeune femme dit avoir aussi le «coeur brisé» à l'idée de s'exiler ainsi, tout en soulignant qu'elle aurait accès à l'Internet sur Mars, et serait en mesure d'envoyer des vidéos et des messages textes.

«Sur Mars, nous aurons des commodités, nos chambres, salon et cuisine communes, une salle d'entraînement, la télévision, les jeux vidéo, et l'Internet. Dans nos temps libres, nous pourrons avoir presque la même routine qu'ici. Il sera difficile de s'adapter, mais pas impossible», a évoqué la Beauceronne.

Mme Roy figure sur une liste de 40 Canadiens en lice qui ont accepté que leur identité soit rendue publique — les 35 autres candidats ayant refusé que leur nom soit publié. La liste a été fournie à La Presse Canadienne par Mars One.

Claude Gauthier, professeur de physique et de mathématiques à l'université de Moncton, a aussi confié que les réactions de ses proches étaient partagées. «La moitié de la famille est d'accord, l'autre est en négociations», a affirmé M. Gauthier, marié et père de deux adolescentes.

«Mon épouse se réserve un droit de veto», a ajouté le résidant de Dieppe qui a déjà tenté en vain de devenir astronaute.

Alex Marion, de Surrey, en Colombie-Britannique, a dit n'avoir aucune inquiétude quant à la sécurité du voyage: «les organisateurs n'enverront pas les participants sur place à moins que toutes les installations soient prêtes», croit-il, en évoquant les problèmes de logement et d'eau potable.

«Je ne crains absolument pas qu'il puisse s'agir d'une mission-suicide», a-t-il soutenu.

Tous les candidats ont jusqu'à la mi-mars pour fournir un certificat du médecin. Après cela, les sélections régionales seront effectuées au cours d'une troisième ronde qui devrait se tenir plus tard cette année.

Mars One espère pouvoir former les 24 participants choisis «au début ou au milieu» de 2015.

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