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10/01/2014 07:08 EST | Actualisé 12/03/2014 05:12 EDT

Israël demande aux Pays-Bas de s'oppposer au boycott de 5 banques israéliennes

Israël a demandé vendredi au gouvernement des Pays-Bas de s'opposer à la décision récente du fonds de pension néerlandais PGGM de boycotter cinq banques israéliennes en raison de leurs activités dans les colonies.

Selon un communiqué, l'ambassadeur des Pays-Bas en Israël, Caspar Veldkap, a été convoqué pour "clarification" au ministère israélien des Affaires étrangères.

"Le directeur général adjoint du ministère des Affaires étrangères pour les affaires européennes, Mr. Raphaël Schutz, a dit à l'ambassadeur néerlandais que la décision du fonds de pension PGGM de boycotter Israël était inacceptable", selon le communiqué.

"Nous attendons du gouvernement néerlandais, dans l'esprit d'amitié qui prévaut entre nos deux pays, qu'il prenne une position sans équivoque contre de telles mesures, qui ne contribuent qu'à nuire aux relations entre Israël et les Pays-Bas", a ajouté le ministère israélien.

Le fonds de pension PGGM, un des plus grands des Pays-Bas, a annoncé mercredi avoir arrêté sa collaboration avec cinq banques israéliennes en raison de leurs activités dans les colonies israéliennes en territoire palestinien.

A La Haye, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a estimé que cette décision appartenait à PGGM et n'avait "rien à voir avec le gouvernement néerlandais".

"Nous sommes contre un boycott et des sanctions (contre Israël). Cela a toujours été la politique du gouvernement. Mais nous sommes contre les colonies. Les compagnies (néerlandaises) sont libres de faire des affaires dans les colonies mais nous ne soutenons pas cela", a encore argumenté M. Rutte, qui a qualifié d'"excellentes" les relations de son pays avec Israël.

Exclusion de la coopération de l'UE

La dirigeante palestinienne Hanane Achraoui s'est félicitée de la décision de PGGM.

"Pendant des décennies, des banques israéliennes ont été la colonne vertébrale financière de la catastrophique entreprise coloniale israélienne qui menace de détruire la solution à deux Etats (palestinien et israélien côte à côte)", a-t-elle souligné dans un communiqué.

"La réaction outragée qu'affichent maintenant les responsables israéliens (après la décision de PGGM) est embarrassante et témoigne de l'ignorance des dirigeants politiques d'Israël sur l'illégalité et les effets désastreux de leurs propres politiques", a-t-elle estimé.

PGGM, qui assure gérer 153 milliards d'euros, suit de peu une décision similaire d'un autre géant néerlandais, Vitens. Cette société d'eau potable avait annoncé en décembre arrêter sa collaboration avec la compagnie israélienne de distribution d'eau Mekorot en raison du "contexte politique".

Mekorot, qui opère notamment en Cisjordanie occupée, a été accusée d'établir une discrimination vis-à-vis des Palestiniens dans l'accès à l'eau.

Le boycottage de sociétés israéliennes ayant des activités dans les colonies a récemment enregistré une série de succès, encourageant ses promoteurs et suscitant l'inquiétude en Israël d'une généralisation de ce mode d'action.

L'American Studies Association (ASA), rassemblant plus de 5.000 professeurs et chercheurs américains, a voté pour le boycottage universitaire d'Israël, la plus grande Église protestante du Canada a décidé de boycotter trois entreprises israéliennes, tandis que le gouvernement roumain a refusé d'envoyer davantage d'ouvriers du bâtiment sans garantie qu'ils ne seraient pas employés dans les colonies.

Ces mesures interviennent quelques mois après l'adoption par l'Union européenne (UE) de "lignes directrices", entrées en vigueur au 1er janvier, excluant de sa coopération les institutions et entreprises israéliennes ayant des activités dans les territoires occupés.

Avant Vitens et PGGM, un vif différend avait également éclaté entre Israël et les Pays-Bas au moment de la visite officielle de M. Rutte, en décembre, à propos de l'installation d'un scanner néerlandais à la frontière avec la bande de Gaza pour les exportations à partir du territoire palestinien sous blocus israélien.

dms-agr/sst

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