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10/01/2014 07:47 EST | Actualisé 12/03/2014 05:12 EDT

Dieudonné interdit de spectacle à Tours

Dieudonné a perdu vendredi une nouvelle manche juridique, devant le tribunal administratif d'Orléans (Loiret) qui a confirmé l'annulation d'un spectacle prévu à Tours mais ses avocats ont déposé un recours devant le Conseil d'État.

Le « référé liberté » déposé par les avocats de l'humoriste, accusé de propager un discours antisémite et haineux, sera examiné à partir de 17h30, a-t-on appris auprès de la plus haute juridiction administrative française.

Jeudi, le Conseil d'État avait donné raison au ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, en confirmant l'interdiction d'un spectacle à Nantes (Loire-Atlantique), première étape d'une tournée du polémiste en France.

Le maire socialiste de Tours, Jean Germain, s'est félicité devant la presse de la confirmation de son arrêté, estimant que chaque élu devait se prononcer en conscience. « Chacun doit faire un équilibre entre les grands principes généraux à respecter et la liberté d'expression », a-t-il dit.

Le tribunal administratif d'Orléans devait encore se prononcer vendredi après-midi sur un troisième spectacle prévu samedi dans cette ville, le député-maire UMP Serge Grouard, ayant interdit la représentation.

L'ordonnance rendue vendredi matin conforte un peu plus Manuel Valls, dont la stratégie consistant à faire interdire les spectacles au cas par cas par les préfets ou les maires était contestée au sein de la classe politique. Le ministre de l'Intérieur avait obtenu une première victoire jeudi en privant l'humoriste de scène à Nantes, deux heures avant la représentation, et en faisant valider le risque de trouble à l'ordre public par le Conseil d'État.

Un autre spectacle

La décision prise jeudi par le juge des référés du Conseil d'État constitue un revirement de jurisprudence, les tribunaux administratifs ayant, à une quinzaine de reprises ces dernières années, invalidé des arrêtés d'interdiction de spectacles de Dieudonné, condamné à de multiples reprises pour antisémitisme. Cette ordonnance devrait peser sur l'ensemble des procédures mais les avocats du polémiste, qui dénoncent une « justice d'exception », affirment qu'elle n'était valable que pour Nantes et qu'elle ne remet pas en cause l'ensemble de la tournée.

Pourtant, selon l'avocat Patrice Spinosi, spécialiste de ce type de dossiers, « le spectacle "Le Mur", aujourd'hui, n'est plus susceptible d'être programmé ». « Si M. M'bala M'bala s'engage à faire un autre spectacle dans lequel il n'y aura pas de propos antisémites, dans lequel il n'y aura pas de propos racistes [....] il aura la possibilité de revenir sur scène », a-t-il dit sur BFM-TV.

Plusieurs éditorialistes craignent vendredi que la victoire judiciaire de Manuel Valls n'ait pour conséquence de transformer l'humoriste en « martyr ». « Cet homme-là ne méritait que silence et mépris. Il jouit désormais d'une notoriété malsaine dont il va user et abuser auprès de partisans hystérisés », écrit Yves Thréard dans Le Figaro.

Dans Libération, François Sergent estime que les décisions de justice risquent « de faire du sinistre humoriste un martyr de la liberté d'expression aussi vils soient ses propos ».

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