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10/01/2014 12:58 EST | Actualisé 12/03/2014 05:12 EDT

Dakar-2014: le chouchou du public, c'est Robby !

"Aca viene Robby!" (Robby Gordon arrive!) Une formidable clameur s'élève des afficionados rassemblés dans les dunes de Fiambala et le "bad boy" américain du Dakar les gratifie d'un décollage de plusieurs mètres de son Hummer survitaminé sur une bosse.

Le jour se lève sur le désert, ce jeudi entre Chilecito et San Juan de Tucuman, et, au milieu de rien, des centaines de personnes sont rassemblées aux points névralgiques pour voir passer les monstres à 2, 4 et 6 roues (camions). Des hommes, en majorité, mais aussi beaucoup de femmes et d'enfants.

Certains sont arrivés la veille, parfois de très loin.

C'est le cas de Tino Gasta, venu en famille depuis Santa Cruz, en Patagonie. Pour voir passer le Dakar, seulement quelques heures, il a parcouru quelque 2.000 kilomètres !

Gustavo Daniel Maza, lui, habite Belen et est venu en voisin. Mais comme l'accès à la spéciale était fermé par la gendarmerie, il a emprunté des chemins détournés avec son vieux pick-up et a pu choisir un bon "spot".

Il ne sera pas déçu. Après le passage des motards et des quads, viennent les premières voitures, vers 08h30.

Le buggy SMG du "matador" espagnol Carlos Sainz (vainqueur du Dakar 2010) passe en trombe, part en glissade dans une courbe en soulevant des nuages de poussière. Des encouragements fusent, comme au passage du Français Stéphane Peterhansel (Mini), "Monsieur Dakar" (11 victoires motos/autos confondues).

Mais soudain, c'est l'émeute. Tout le monde hurle. Voilà Robby !

Le Hummer orange à V8 Chevrolet, araignée psychédélique aux roues à grand dégagement, déboule à toute allure dans un rugissement, avale les bosses et vole au-dessus de chaque obstacle. Sur ce terrain, les buggys sont certes avantagés par rapport aux 4x4 mais la vitesse de l'Américain, propulsé par un moteur de 7 litres de cylindrée, est tout de même époustouflante. Et le spectacle assuré.

Du panache

Gordon, qui est âgé de 45 ans, c'est une star. Et, l'applaudimètre ne trompe pas, le chouchou incontesté du public.

Venu du Nascar, 15e en 2013, il s'est dans le passé signalé par des frasques, des comportements un peu agressifs et une méconnaissance du règlement qui lui ont valu d'être exclu en 2012 pour voiture non conforme. Il dispute son 9e Dakar et son meilleur résultat est une 3e place en 2009.

Mais c'est "un pilote très attachant, sympa et perfectionniste", souligne un connaisseur. Il a du panache et c'est ce qui plaît aux amateurs de sports mécaniques, incroyablement nombreux en Amérique du Sud.

Dans les dunes de Fiambala, le thermomètre n'arrête pas de grimper et chacun cherche désespérément l'ombre, une denrée rare.

Les ornières, creusées, labourées, sont maintenant de plus en plus difficiles à franchir et les camions, derniers à partir, peinent à passer.

L'un de ces mastodontes freine avant une bosse, trahi par le grincement de ses freins. "Cagon !" (trouillard !), lâche, visiblement écoeuré, un gamin d'une dizaine d'années. Des sifflements lui font écho dans le groupe.

Il fera une chaleur insupportable dans cette 5e étape entre Chilecito et Tucuman, dans l'est de l'Argentine, et les 47 degrés seront atteints à la mi-journée.

heg/chc

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