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10/01/2014 05:30 EST | Actualisé 12/03/2014 05:12 EDT

Cambodge: l'opposition promet une "campagne finale" contre le Premier ministre

L'opposition cambodgienne a mis en garde vendredi le Premier ministre Hun Sen d'une "campagne finale" contre lui si de nouvelles élections n'étaient pas organisées, lors d'un rassemblement hors de la capitale, où les manifestations sont désormais interdites.

Le chef du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), Sam Rainsy, et son adjoint Kem Sokha sont allés à la rencontre de centaines de leurs partisans dans la province de Siem Reap, dans le nord-ouest du pays, et ont à nouveau appelé au départ de l'homme fort du Cambodge.

"S'il n'accepte pas de nouvelles élections, nous commencerons une campagne finale. Ce sera pour le forcer à démissionner", a déclaré Kem Sokha devant la foule, selon les images diffusées en direct par le site internet du parti.

Les autorités ont chassé la semaine dernière les partisans de l'opposition d'un parc de Phnom Penh qu'ils occupaient depuis des semaines et interdit jusqu'à nouvel ordre tout nouveau rassemblement.

Cette décision était intervenue au lendemain de l'intervention contre une manifestation d'ouvriers du textile en grève pour réclamer des augmentations de salaires. Les forces de l'ordre avaient ouvert le feu, faisant trois morts selon la police, au moins quatre selon les défenseurs des droits de l'Homme.

Alors que la communauté internationale s'est inquiétée, le gouvernement a justifié cette répression, assurant que les manifestations contre Hun Sen étaient violentes et illégales.

Sam Rainsy et Kem Sokha, qui sont convoqués pour interrogatoire par la justice le 14 janvier en lien avec les récents troubles, prévoient d'autres rassemblements dans deux autres provinces ce week-end.

"Nous n'avons pas peur, mes frères. Nous n'avons rien fait de mal", a déclaré Rainsy devant ses partisans qui criaient "Hun Sen, démission".

L'opposition a a rassemblé jusqu'à au moins 20.000 personnes dans les rues de Phnom Penh ces derniers mois pour réclamer le départ de Hun Sen, au pouvoir depuis près de trente ans, et de nouvelles élections.

Selon les résultats officiels, le Parti du peuple cambodgien (CPP) au pouvoir, malgré son plus mauvais score depuis 1998, a remporté 68 sièges aux législatives du 28 juillet, contre 55 au CNRP.

Mais l'opposition, dénonçant des fraudes massives, a revendiqué la victoire et dénoncé un "coup d'Etat constitutionnel". Et ses députés boycottent l'Assemblée nationale depuis l'ouverture de la législature en septembre.

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