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09/01/2014 07:39 EST | Actualisé 11/03/2014 05:12 EDT

Tunisie: le principe de la parité homme-femme dans la Constitution

La Constituante tunisienne a approuvé jeudi un amendement à un article de la future Constitution introduisant le principe de la parité hommes-femmes dans les assemblées élues.

"L'Etat oeuvre à la réalisation de la parité des hommes et des femmes dans les assemblées élues", dispose le 3e paragraphe de l'article 45 adopté par 116 voix sur 188 votants de cette assemblée où les islamistes d'Ennahda disposent d'une majorité relative.

Après le vote, les élus se sont levés et ont entonné l'hymne national.

Voté sous forme d'amendement à l'article original du projet de Constitution à l'issue de longues négociations, il doit donc faire l'objet d'un second vote dans l'après-midi, l'Assemblée nationale constituante observant d'abord sa pause déjeuner.

Les minutes précédant et suivant l'adoption de cet amendement à une courte majorité --109 voix étaient nécessaires pour son intégration à la Loi fondamentale-- auront été houleuses, de nombreux députés criant pour prendre la parole.

L'article 45 révisé dispose aussi que "L'Etat garantit les droits acquis des femmes et travaille à les soutenir et les développer".

Il note aussi que "L'Etat garantit l'égalité des chances entre les femmes et les hommes" et qu'il "prend les mesures nécessaires pour éliminer les violences faites aux femmes".

Cet article a fait l'objet d'intenses négociations ces derniers jours qui ont abouti au compromis voté jeudi.

La Constituante avait déjà adopté lundi un article d'ordre général reconnaissant que "tous les citoyens et les citoyennes ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Ils sont égaux devant la loi sans discrimination aucune". Cet article était cependant jugé trop vague par une partie de l'opposition et des organisations de défense des droits de l'Homme.

La Tunisie, sans consacrer l'égalité des sexes, est depuis 1956 le pays arabe accordant le plus de droits aux femmes. L'homme reste cependant privilégié, notamment concernant l'héritage.

La Constituante examine article par article le projet de Constitution, que la classe politique s'est engagée à adopter avant le 14 janvier, 3e anniversaire de la révolution qui déclencha le Printemps arabe.

Pour être adoptée la Loi fondamentale devra recueillir les votes des deux-tiers des députés, faute de quoi un référendum sera organisé.

Élue en octobre 2011, elle devait achever sa mission en un an, mais le processus a été ralenti par un climat politique délétère, l'essor de groupes jihadistes armés et des conflits sociaux.

alf/feb

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