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09/01/2014 09:58 EST | Actualisé 11/03/2014 05:12 EDT

L'avocat de Jacques Delisle tente un ultime recours

CP

Me Jacques Larochelle n'en démord pas ; l'ex-juge Delisle a été victime d'une erreur judiciaire et il entend corriger personnellement cette injustice.

Le refus de la Cour suprême d'entendre l'appel de son client reconnu coupable du meurtre prémédité de sa femme ne freine pas la détermination de Jacques Larochelle. L'avocat réputé compte maintenant adresser une demande de révision devant le ministre fédéral de la Justice pour démontrer que Jacques Delisle a été victime d'une erreur judiciaire.

En vertu de cette disposition du Code criminel, réservée pour les cas d'erreur judiciaire, le ministre de la Justice peut lui-même obtenir la tenue d'un nouveau procès pour un accusé ou transmettre l'affaire en Cour d'appel à la lumière de nouveaux éléments de preuve.

Cette mesure existe depuis une dizaine d'années et c'est ce qui a permis dernièrement à Yves Plamondon d'obtenir la tenue d'un nouveau procès, 28 ans après avoir été reconnu coupable de trois meurtres.

Convaincu de l'innocence de son client, Jacques Larochelle en fait maintenant une affaire personnelle. Il offre ses services gratuitement à l'ex-juge Delisle qui a été fortement ébranlé par la décision de la Cour suprême de ne pas entendre son appel.

« Vous voyez quelqu'un se noyer, vous allez faire quelque chose pour l'aider. Moi, je vois le système judiciaire avoir commis, j'en suis absolument convaincu, une erreur incroyable et impardonnable. »

La preuve balistique au coeur de l'affaire

Jacques Larochelle répète que le procès de Jacques Delisle repose entièrement sur une preuve balistique technique et complexe qui n'a pas été appréciée à sa juste valeur. C'est ce qu'il entend faire valoir devant le ministre fédéral Peter Mckay.

« La preuve établit-elle, oui ou non et hors de tous doutes, que les traces de poudre qu'on retrouve sur la main et la tempe de madame, la forme du projectile, établissent-ils qu'il s'agit d'un meurtre et qu'il ne peut pas s'agir d'un suicide. C'est ça la question. »

Jacques Larochelle met toujours en doute la capacité du jury à apprécier une preuve aussi pointue. « Pour résoudre un problème technique complexe, un problème scientifique, un problème qui demande l'habitude du raisonnement et l'habitude du travail intellectuel, le jury est notoirement à son désavantage dans ce genre de situation », affirme-t-il.

L'avocat ajoute que le fait de ne pas faire témoigner son client n'a, à son avis, rien changer quant à la validité de cette preuve. Le juge Delisle n'aurait pu ajouter un éclairage nouveau sur ces questions purement techniques, selon Jacques Larochelle.

L'avocat entend déposer sa demande auprès du ministre fédéral d'ici la fin de l'année.

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