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09/01/2014 02:59 EST | Actualisé 10/03/2014 05:12 EDT

Kaboul va libérer des détenus jugés dangereux par les États-Unis

Les autorités afghanes, sur la base des dossiers judiciaires, ne pourront faire passer en jugement que 16 des 88 détenus considérés comme dangereux par les Américains, a déclaré jeudi à Reuters le porte-parole du président Hamid Karzaï.

Les 72 autres devraient être remis en liberté, a ajouté Aimal Faizi, décision susceptible de détériorer davantage les relations entre Washington et Kaboul.

Les États-Unis sont opposés à la libération de ces 88 suspects accusés d'avoir tué ou blessé des soldats de la coalition internationale en Afghanistan.

Selon le gouvernement afghan, il n'y a aucune preuve valable contre 45 de ces prisonniers et pour 27 autres les preuves sont insuffisantes.

« Nous ne pouvons accepter que des citoyens afghans innocents restent sans motif et sans jugement pendant des mois ou des années en prison », a dit Aimal Faizi.

« Malheureusement nous savons que c'est le cas, en toute illégalité et en violation de la souveraineté afghane, à Bagram », base aérienne américaine au nord de Kaboul, a ajouté le porte-parole. « Nous ne pouvons le tolérer plus longtemps. »

Le désaccord sur les prisonniers est une nouvelle source de tensions dans les relations entre l'Afghanistan et les États-Unis, déjà mises à mal par le refus d'Hamid Karzaï de
signer un accord de sécurité bilatéral pour organiser la présence militaire américaine dans le pays après le retrait de la quasi-totalité de l'armée américaine cette année.

« Ces 72 détenus sont de dangereux criminels contre lesquels existent des preuves solides les liant à des crimes terroristes, y compris l'utilisation d'engins explosifs, responsables de la plupart des meurtres de civils afghans », a dit Jen Psaki, porte-parole du département d'État.

Interrogée pour savoir si ces possibles libérations de détenus peuvent influer sur la signature de l'accord de sécurité conclu entre les États-Unis et l'Afghanistan, Jen Psaki a
répondu que « le temps le dira ».

Hamid Karzaï refuse pour l'instant de promulguer cet accord qui autoriserait un maintien de certaines troupes américaines en Afghanistan au-delà de la fin de l'année, date-butoir d'un retrait complet des forces combattantes de l'OTAN.

Psaki a jugé qu'il était dans l'intérêt du peuple afghan et du gouvernement de Kaboul de signer ce texte.

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