NOUVELLES
09/01/2014 02:51 EST | Actualisé 10/03/2014 05:12 EDT

Consommation de cannabis à l'hôpital : le Collège des médecins réagit

Un texte de Geneviève Proulx

Le Collège des médecins du Québec se penche sur la question de la consommation de marijuana à des fins médicales en milieu hospitalier. Au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS), un patient atteint d'un cancer en phase terminale a obtenu une prescription de son médecin traitant afin qu'il soulager ses souffrances à l'aide de cannabis.

Le Collège des médecins du Québec était déjà sensibilisé au fait qu'il faudrait un encadrement de la pratique en milieu hospitalier. Actuellement, les ordres professionnels de médecins de partout au Canada sont en discussion avec Santé Canada pour voir comment appliquer cette réglementation. « C'est beau d'avoir une réglementation, mais il faut que ce soit applicable et que ce soit contrôlable », rappelle M. Bernard.

Il donne en exemple le fait qu'il est interdit de fumer dans les lieux publics partout au pays. « Le cannabis séché est souvent inhalé comme une cigarette. Il faudra peut-être revoir cette réglementation ou désigner des endroits pour le faire. »

Charles Bernard rappelle que le cannabis séché n'est pas considéré comme un médicament. « On autorise les médecins à le prescrire, mais ils ne sont pas obligés de le faire. Nous, ce qu'on veut faire, c'est un pas de plus et faire une recherche pour colliger les renseignements pour essayer d'étayer l'utilité, les doses utilisées. »

Le ministre de la Santé du Québec, Dr Réjean Hébert, a également commenté la situation. « Jusqu'à maintenant, ça ne s'était pas présenté ailleurs au pays. Le CHUS est le premier hôpital qui fait face à cette situation. Actuellement la pratique est tolérée, mais est-ce qu'elle devrait être encadrée? On va suivre de façon très attentive comment le Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens de l'établissement va gérer cette nouvelle réalité pour que l'on puisse voir s'il y a lieu d'avoir une approche nationale sur la question. L'événement des derniers jours nous pousse à réfléchir sur la question. »

Selon Dr Hébert, la question doit être gérée par établissement comme c'est le cas pour tous les autres médicaments. 

Ailleurs au Québec

La direction du CHUS a décidé de tolérer la pratique puisque, pour l'instant, l'établissement n'a pas de règles claires. Par contre, elle confirme que le Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens du CHUS se penchera prochainement sur la question.

La pratique est également tolérée au Centre hospitalier universitaire de Québec sous certaines conditions. Par exemple, les patients doivent utiliser un inhalateur et il ne doit pas y avoir de fumée.

Du côté du Centre hospitalier universitaire de Montréal, aucune demande n'a été formulée à la direction par un patient. Advenant le cas, la direction devra évaluer la sitation. Pour l'instant, l'établissement n'a pas de politique claire à ce sujet.

PLUS:rc