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09/01/2014 04:05 EST | Actualisé 11/03/2014 05:12 EDT

«Bridgegate»: le gouverneur du New Jersey congédie sa chef de cabinet

TRENTON, États-Unis - Dans une tentative d'éviter les dommages politiques qui pourraient nuire à ses ambitions présidentielles, le gouverneur républicain du New Jersey, Chris Christie, a annoncé jeudi qu'il avait congédié une proche collaboratrice qui a apparemment organisé le blocage d'un pont dans le cadre d'une vendetta politique.

M. Christie a nié avoir eu connaissance de cette combine organisée par son personnel. Son administration est néanmoins accusée d'avoir fait fermer des voies menant au pont George Washington, qui relie le New Jersey à New York, dans le but de créer une importante congestion routière afin de se venger contre le maire d'une localité voisine du pont qui avait refusé de soutenir la réélection du gouverneur.

«J'ai été pris de court», a déclaré M. Christie lors d'une conférence de presse de près de deux heures, lors de laquelle il parlait d'un ton beaucoup plus posé qu'à l'habitude.

«Qu'ai-je fait de mal pour que ces gens pensent qu'il est correct de me mentir?» a demandé l'étoile montante du Parti républicain.

M. Christie, un gouverneur au style direct et spontané qui s'est créé une image de politicien pragmatique et capable de travailler avec ses opposants, avait d'abord éludé les questions sur la fermeture des voies du pont avec des blagues, niant toute implication de son personnel ou de lui-même.

Mais après que l'Associated Press et d'autres médias eurent obtenu mercredi des courriels et des messages texte liant ses proches collaborateurs à la fermeture du pont, la situation est devenue plus grave. Certains ont estimé qu'il s'agissait du plus grand test de la carrière politique de Chris Christie.

Le procureur fédéral du New Jersey, Paul Fishman, a indiqué jeudi qu'il étudiait le dossier pour voir si des violations des lois fédérales ont été commises dans cette affaire. La législature de l'État a aussi ouvert une enquête.

M. Christie a déclaré devant les journalistes, jeudi, qu'il avait congédié sa chef de cabinet adjointe, Bridget Ann Kelly, et que celle-ci lui avait menti.

«Nous n'avons pas été à la hauteur des attentes», a déclaré le gouverneur, en précisant qu'il avait été abasourdi par «la stupidité abjecte» dont certains ont fait preuve dans cet incident. Il s'est dit responsable de ce qui s'est produit et a affirmé qu'il était «embarrassé et humilié».

«Je n'avais pas connaissance de cette affaire et je n'étais pas impliqué, que ce soit dans la planification ou dans l'exécution», a-t-il affirmé.

Ces révélations soulèvent des questions sur son leadership à la veille du début de son deuxième mandat, qui devrait ouvrir la voie à sa campagne présidentielle en vue de l'élection de 2016. Dans moins de deux semaines, il prêtera serment à l'ombre de la statue de la Liberté. Il devrait également faire une tournée du pays en tant que président de l'Association des gouverneurs républicains.

Des démocrates de partout aux États-Unis ont fait circuler la nouvelle du scandale du «Bridgegate», estimant qu'il s'agissait d'une preuve que le potentiel candidat à l'investiture républicaine est un tyran. Certains républicains conservateurs qui ont été stupéfaits par des commentaires passés de M. Christie se sont joints au concert de critiques.

Même si Chris Christie réussit à naviguer à travers la controverse assez rapidement, le scandale risque de le rattraper lors d'une éventuelle campagne présidentielle, a estimé l'organisateur républicain Hogan Gidley.

«Je ne crois pas nécessairement que ce sont les politiques de M. Christie qui vont ultimement catapulter ou faire couler sa campagne; je crois plutôt que c'est sa personnalité», a affirmé M. Gridley.

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