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09/01/2014 08:59 EST | Actualisé 11/03/2014 05:12 EDT

Afrique du Sud: Zuma, à la chasse aux votes, parle restitution des terres

Le président Jacob Zuma, en campagne électorale, a fait miroiter jeudi auprès de ses compatriotes noirs une nouvelle vague de redistribution des terres dont la majorité fut massivement dépossédée il y a 100 ans.

A la veille du lancement de la campagne de son parti l'ANC pour les élections générales du deuxième trimestre, M. Zuma a symboliquement choisi de fêter un accord permettant la restitution de 13.000 hectares de terres à des villageois de la province du Mpumalanga (est).

L'Etat a indemnisé les propriétaires à hauteur d'un million de rands (70.000 euros), une des plus fortes compensations jamais accordées. Les terres appartenaient à la luxueuse réserve privée de Mala Mala, adjacente au parc Kruger, renommée auprès de la clientèle étrangère.

La communauté locale sera désormais intéressée aux revenus de la réserve.

"C'est avec grand sentiment de fierté que je suis ici pour fêter ça avec vous", a lancé M. Zuma à l'association de M'wandlamhlarhi, représentant un millier de foyers bénéficiaires.

Ignorant la majorité noire du pays, l'Afrique du Sud s'est dotée en 1913, du temps de la domination anglaise et afrikaner, d'une législation interdisant aux Noirs d'acheter des terres sauf sur une portion réduite du territoire.

Ce texte conforté ensuite par d'autres sous l'apartheid à partir de 1948 a "permis qu'on puisse prendre en toute légalité les terres aux Africains indigènes", a rappelé M. Zuma, évoquant une main mise faite "de la manière la plus injuste et cruelle dans beaucoup de cas".

Depuis 1994 et l'avènement de la démocratie, le parti de Nelson Mandela, l'ANC tente d'inverser la donne. Les anciens propriétaires ont été autorisés à se retourner contre l'Etat avant 1999 pour réclamer la restitution des terres ou une indemnisation financière.

Une réforme est examinée au Parlement pour rouvrir le délai de réclamation jusqu'à décembre 2018. "Nous avons fait beaucoup de progrès mais le travail se poursuit", a dit M. Zuma, assurant que "la restitution de la terre à ses vrais propriétaires était la plus grande responsabilité confiée au gouvernement démocratique".

Face à ce texte, "beaucoup de gens sont enthousiastes. Ils y voient une occasion de gagner de l'argent", explique à l'AFP Constance Mogale, présidente du mouvement pour l'accès à la terre Lamosa, très critique.

Le gouvernement "essaye de montrer qu'il est toujours engagé sur la question des terres", dit-elle, alors que les réclamations déjà déposées n'ont pas toutes été traitées. Seulement 6% des terres environ ont changé de main depuis 1994.

Révélateur du soutien tribal recherché par M. Zuma, la nouvelle réforme permettrait aussi aux chefs traditionnels de réclamer la restitution foncière au nom de leurs sujets. Une disposition, parmi d'autres, dénoncée par Mme Mogale.

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