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08/01/2014 02:10 EST | Actualisé 10/03/2014 05:12 EDT

Un analyste prévoit un retard des premières livraisons de la CSeries

MONTRÉAL - La progression plus lente que prévu des essais en vol de la CSeries pourrait faire en sorte de retarder les premières livraisons des nouveaux avions de Bombardier (TSX:BBD.B) jusqu'au deuxième trimestre de l'année 2015, croit un analyste financier.

Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, avait déjà exprimé des doutes quant à la cible de l'avionneur montréalais, qui prévoyait une entrée en service de ses nouveaux appareils en septembre 2014, soit un an après le baptême de l'air de la CSeries.

Toutefois, dans un nouveau rapport, l'analyste s'attend à un plus long délai. Il note qu'après quatre mois, un peu moins de 20 vols d'essais ont été réalisés, pour un total d'environ 50 heures.

Selon M. Doerksen, seulement deux pour cent du programme d'essais en vol a été complété jusqu'ici, puisque Bombardier avait déjà indiqué que ses appareils allaient passer environ 2400 heures dans les airs afin d'effectuer divers tests.

«Compte tenu de la lente progression, même le premier trimestre de 2015, qui était souvent évoqué, semble une prévision optimiste, écrit l'analyste. Bombardier devrait y aller d'une mise à jour dans ce dossier et les chances d'une mauvaise surprise augmentent, selon nous.»

L'analyste s'attend néanmoins à ce que les essais en vol s'accélèrent, puisque d'autres appareils sont déjà mis à contribution, mais ajoute que cela ne sera pas assez pour respecter l'échéancier de Bombardier de l'automne 2014.

«Nous analysons les données recueillies (pendant les essais), mais l'objectif des premières livraisons demeure l'automne 2014», a indiqué le porte-parole de Bombardier pour les avions commerciaux, Marc Duchesne.

Par ailleurs, M. Doerksen estime que l'entreprise ne sera pas en mesure d'atteindre sa cible de livraisons d'avions pour l'exercice 2013, notamment en raison d'un recul de la demande pour les avions d'affaires.

Bombardier désirait livrer 190 avions d'affaires et 55 appareils commerciaux pour l'exercice 2013. M. Doerksen croit que pour atteindre son objectif, l'avionneur devra avoir livré 70 avions d'affaires et 21 avions commerciaux au quatrième trimestre.

«Nous pensons que les livraisons d'avions commerciaux ont été au rendez-vous au quatrième trimestre, mais croyons que celles des avions d'affaires ont été inférieures à 50, ce qui est bien en deçà des prévisions», souligne-t-il.

Entre-temps, pour la première fois depuis le début des essais en vol de la CSeries, deux appareils ont été mis à contribution simultanément dans les airs aux installations de l'entreprise à Mirabel, dans les Laurentides, mercredi.

Selon l'analyste de la Financière Banque Nationale, la progression des essais devrait contribuer à confirmer de nouvelles commandes pour la CSeries.

«Si Bombardier était en mesure de décrocher une commande d'un client bien connu (comme Air Canada), cela pourrait contribuer à stimuler l'action de l'entreprise», écrit M. Doerksen.

Ce dernier croit également que la direction de l'avionneur montréalais devrait abaisser ses prévisions en ce qui a trait aux marges de ses divisions aéronautique et transport pour l'exercice 2014, ce qui pourrait mettre de la pression sur le titre de Bombardier.

L'analyste dit toutefois demeurer confiant à l'endroit du titre de l'avionneur montréalais. À son avis, le segment des avions d'affaires devrait reprendre de la vigueur au cours des prochains mois alors que celui des appareils commerciaux devrait demeurer stable.

M. Doerksen recommande de demeurer patient avec l'action de Bombardier même si des annonces plus «négatives» devaient survenir au cours des prochaines semaines ou prochains mois.

L'action de l'avionneur montréalais a clôturé la séance à la Bourse de Toronto en recul de six cents, ou 1,31 pour cent, à 4,51 $.

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