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08/01/2014 11:21 EST | Actualisé 10/03/2014 05:12 EDT

Meurtre de l'ex-chef espion rwandais, Patrick Karegeya : les obsèques auront lieu à Johannesburg

AFP

Les obsèques de l'ancien chef du renseignement et opposant rwandais Patrick Karegeya retrouvé mort à Johannesburg, auront lieu dans cette ville où il vivait en exil, a indiqué mercredi sa veuve, Leah, à l'AFP.

"Les obsèques auront lieu à Johannesburg, si ce n'est pas ce week-end, peut-être alors le suivant, la date sera communiquée ultérieurement. Cela dépend des personnes qui doivent venir de différents pays", a indiqué Mme Karegeya, 50 ans, jointe aux Etats-Unis où elle s'était installée en 2011 "pour sa sécurité" avec ses enfants.

"Je vais faire de mon mieux pour venir et lui faire un dernier adieu", a-t-elle ajouté.

La famille espérait organiser l'enterrement en Ouganda, pays de naissance du défunt "mais pour certaines raisons, c'était compliqué c'est pourquoi on a décidé de l'enterrer à Johannesburg", a dit Mme Karegeya.

Le meurtre de M. Karageya, 53 ans, a été imputé par l'opposition rwandaise au président rwandais Paul Kagame, accusé de l'avoir commandité.

L'ancien chef du renseignement a été retrouvé mort le 1er janvier, le cou gonflé dans une chambre d'un hôtel de luxe, une corde et une serviette tachée de sang enfermée dans le coffre de la chambre.

L'enquête a été confiée à l'unité d'élite de la police sud-africaine, les "Hawks" (faucons) qui n'ont à ce stade procédé à aucune arrestation.

Après une décennie passée à la tête des renseignements extérieurs du Rwanda, Karegeya, un proche de Paul Kagame, s'était brouillé avec lui. Il s'était exilé en 2007 en Afrique du Sud, d'où il a décrit M. Kagame comme un dictateur n'hésitant pas à faire assassiner les dissidents rwandais, réfugiés à l'étranger.

Dans une récente lettre envoyée à un ami aux Etats-Unis, citée par le site d'information en ligne London Evening Post, M. Karegeya s'était longuement répandu en accusations contre M. Kagame.

"Les institutions de l'Etat continuent de soumettre les détracteurs du gouvernement, réels ou supposés, à une large série de violations des droits de l'homme, dont des arrestations arbitraires ou des disparitions involontaires et des meurtres extrajudiciaires", y écrivait-il dans ce texte.

"Le gouvernement a déployé un très large nombre d'agents secrets dans des pays d'Afrique, d'Europe et d'Amérique du Nord pour chasser et tuer les opposants au régime", ajoutait-il.