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08/01/2014 01:18 EST | Actualisé 10/03/2014 05:12 EDT

La Grèce, qui doit continuer ses réformes, prend la tête de l'UE

La Grèce a inauguré mercredi officiellement sa présidence semestrielle de l'Union européenne en présence des dirigeants européens, étant appelée à poursuivre ses efforts pour sortir de la crise à quelques mois d'élections européennes.

La Grèce a fait "des efforts remarquables (...), il y a certains nuages à l'horizon mais ce n'est pas le moment de ralentir le rythme des réformes", a estimé mercredi le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

"La présidence grecque est une opportunité pour montrer que l'avenir ne sera pas défini par la crise, mais par les leçons tirées de la crise", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse aux côtés du Premier ministre Antonis Samaras.

M. Barroso et l'ensemble des commissaires européens ont fait le déplacement et rencontré le gouvernement en place, comme ils le font pour chaque présidence de l'UE. Ils ont été rejoints par le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy.

Cette visite, dans le pays qui a été l'épicentre de la crise de la dette et qui a dû consentir de lourds sacrifices, prend une dimension particulière.

Elle a été l'occasion de rappeler que les prédictions les plus sombres, comme la sortie de la Grèce de la zone euro (le fameux "Grexit"), ne se sont pas réalisées et que les sacrifices n'ont pas été vains.

"Ayant fait des sacrifices énormes, la Grèce laisse derrière elle la crise, elle tient désormais sur ses deux pieds", a souligné Antonis Samaras.

M. Barroso a, par ailleurs, balayé l'hypothèse d'une victoire des partis extrémistes aux prochaines élections européennes, tout en reconnaissant qu'en raison de la crise, "les extrêmes et le populisme peuvent prospérer même dans les pays les plus avancés".

Signe de ces tensions: le chef du principal parti d'opposition de la Gauche radicale Syriza, Alexis Tsipras, a boycotté la cérémonie d'ouverture mercredi soir.

Un geste "symbolique" pour l'adversaire des plans d'austérité imposés à son pays. Une "personne intéressée par l'Europe serait venue", a rétorqué M. Samaras sans jamais nommer le dirigeant d'extrême gauche.

Pas de nouvelle aide "dans l'idéal"

Pour la Grèce, la présidence de l'UE doit lui permettre de redevenir un pays "comme les autres". M. Samaras a promis que 2014 marquerait la fin des plans d'assistance financière UE-FMI à son pays.

Cette année doit aussi être celle où la Grèce tourne le dos à six années de récession et revient sur les marchés de la dette à moyen et long terme.

Si le pire de la crise est bien passé, l'horizon reste encore sombre pour le pays sous tutelle de ses créanciers et confronté à un chômage massif.

Dans les mois qui viennent, Athènes fera face à un trou de financement d'environ 11 milliards d'euros. "Dans l'idéal", le pays souhaiterait se passer d'un troisième plan d'aide, a indiqué son ministre des Finances, Yannis Stournaras, excluant dans tous les cas de nouvelles mesures d'austérité.

Le pays espère obtenir une réduction de sa dette (aux alentours de 175% du PIB) comme s'y étaient engagés ses créanciers fin 2012 s'il enregistrait un excédent primaire budgétaire. Cela devrait être confirmé au printemps.

"Nous ne demandons pas une décote ("haircut"), a affirmé mercredi M. Stournaras. "Il y a de nombreux moyens de réduire la dette", a-t-il souligné, évoquant l'abaissement des taux d'intérêt ou l'allongement du délai de paiement d'obligations grecques. Reste à convaincre les bailleurs de fonds du pays.

Des discussions sur ce sujet sont attendues à partir du mois d'avril et promettent d'être houleuses. Mais la présidence grecque de l'UE se veut aussi positive et souhaite promouvoir, sur le plan économique, la coordination des politiques à dimension sociale et le financement des petites et moyennes entreprises.

Athènes veut également profiter de sa cinquième présidence semestrielle de l'UE pour compléter le chantier de l'union bancaire, poursuivre le renforcement de la zone euro et avancer sur les questions d'immigration et de politique maritime.

Elle ne dispose que de quatre mois, calendrier électoral oblige, et d'un budget de 50 millions d'euros.

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