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07/01/2014 06:39 EST | Actualisé 09/03/2014 05:12 EDT

Turquie: L'armée blanchie dans un massacre de civils kurdes

La justice militaire turque a blanchi mardi cinq officiers poursuivis pour leur responsabilité dans la mort il y a deux ans de 34 civils kurdes dans un bombardement qui avait provoqué la colère de la communauté kurde de Turquie.

Le 28 décembre 2011, des avions de chasse de l'aviation turque avaient attaqué le village d'Uludere (Roboski en kurde), à la frontière avec l'Irak, tuant une colonne de 34 petits contrebandiers kurdes, dont 19 mineurs.

L'état-major avait alors déploré une bavure dans une zone réputée pour être un point de passage régulier des rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Le gouvernement turc avait présenté ses excuses.

Dans une décision rendue mardi, le parquet militaire s'est déclaré incompétent pour juger de la plainte déposée par les familles des victimes.

"Les membres des forces armées turques ont agi dans le cadre des décisions adoptées par le conseil des ministres et les lois", ont indiqué les procureurs en référence à la motion parlementaire qui autorise chaque année l'armée à mener des opérations contre les combattants du PKK dans le nord de l'Irak.

"Le personnel militaire a commis une erreur inévitable dans l'exercice de ses fonctions", ont-ils ajouté avant de prononcer un non-lieu en faveur des cinq accusés.

Représentant des familles des victimes, le bâtonnier de l'ordre des avocats de Diyarbakir (sud-est), Tahir Elçi, qui représente les familles des victimes, a dénoncé un arrêt "inacceptable" et annoncé son intention de saisir la Cour constitutionnelle.

"On n'aurait jamais imaginé une autre décision de la part d'un tribunal militaire", a déploré M. Elçi cité par la chaîne d'information CNN-Türk.

Le Parti pour la paix et la démocratie (BDP, prokurde) a dénoncé une "injustice"."Ces gens sont morts pour rien", a estimé une de ses responsables, Meral Danis Bestas.

Engagés à l'automne 2012, les pourparlers de paix entre le gouvernement islamo-conservateur et le chef emprisonné du PKK Abdullah Öcalan sont actuellement au point mort. Les rebelles kurdes ont suspendu en septembre le retrait de leurs combattants de Turquie, jugeant les réformes promises par Ankara insuffisantes.

BA/ros

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