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07/01/2014 04:16 EST | Actualisé 09/03/2014 05:12 EDT

Les présentateurs météo exagèrent-ils?

EFE

TORONTO - Un «tourbillon circumpolaire» plane au-dessus de nos têtes. Un «refroidissement soudain» de la température fera grelotter les Québécois de Rouyn à Montréal. Un «cocktail météo explosif» perturbera la rentrée des Fêtes.

Avec le vocabulaire coloré — et parfois alarmiste — qui émaille les bulletins météo, on croirait que le ciel pourrait tomber sur la tête des Canadiens à tout moment.

Mais selon des experts, la réalité est déformée par le cycle des nouvelles. La transmission rapide des informations sur les réseaux sociaux et la préoccupation grandissante par rapport à la sécurité publique ont changé la façon dont les nouvelles météorologiques sont traitées au Canada.

Chris Scott, météorologue en chef au réseau anglais de Météo Média (Weather Network), dit avoir constaté un changement radical en ce qui a trait au ton emprunté dans la couverture médiatique au cours des 15 années qu'il a passées dans ce secteur.

Il pointe du doigt les réseaux sociaux comme Twitter, Instagram et Facebook, qui permettent aux mordus des phénomènes météorologiques de se rassembler et d'échanger des idées publiquement.

Par conséquent, le public contribue à la diffusion de nouveaux termes qui se retrouveront parfois dans les bulletins météo, soutient M. Scott. «Il est clair que certains mots que l'on entend n'ont jamais été utilisés dans le passé.»

Certains de ces termes, comme «refroidissement soudain», font référence à des phénomènes précis clairement définis par Environnement Canada.

L'agence a développé 22 critères d'avertissements publics pour les quatre saisons, a fait remarquer le climatologue en chef de l'agence, David Phillips. Il y en avait seulement quelques-uns au début de sa carrière.

Mais l'ajout de nouveaux vocables a permis à l'agence de fournir des prévisions beaucoup plus nuancées, tout en satisfaisant l'appétit des Canadiens pour les nouvelles météo.

«Nous aimons tous parler de la météo. Elle nous rend furieuse, elle nous fait sourire... Nous ne quittons pas la maison avant de glisser un mot sur la température», expose M. Phillips.

Certains observateurs des médias estiment toutefois que la couverture de la météo n'est plus vraiment informative, mais bien sensationnaliste.

«Cela devient une façon de faire de la couverture médiatique de façon très peu coûteuse, et de présenter les choses de façon plus intéressante, divertissante ou même dangereuse qu'elles ne le sont en réalité», fait valoir Jeffrey Dvorkin, directeur du programme de journalisme à l'université de Toronto.

David Phillips et Jeffrey Dvorkin concèdent que le vocabulaire utilisé dans les bulletins météo est parfois exagéré, surtout lorsqu'on a affaire à des présentateurs ou à des journalistes sans grande expérience.

Mais les deux hommes font néanmoins remarquer que les phénomènes météorologiques violents peuvent parfois être mortels — et que, par conséquent, des termes plus sensationnels ont leur place dans certains cas.

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