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07/01/2014 05:12 EST | Actualisé 08/03/2014 05:12 EST

La poignée de porte ronde bientôt interdite à Vancouver

C'est un élément qui permet d'ouvrir bien des portes. Pourtant, les jours de la poignée ronde sont comptés, en tout cas à Vancouver, qui est la seule ville au Canada à avoir son propre code du bâtiment. Un changement qui en cache beaucoup d'autres.

Un texte de Frédéric Arnould

La nouvelle réglementation entrera en vigueur le 31 mars 2014. On imagine que la Ville de Vancouver a préféré le 31 mars au 1er avril pour éviter les plaisanteries de poisson d'avril. En fait, le conseil municipal n'entend pas du tout à rire, puisque cette nouvelle réglementation est très sérieuse et elle touchera toutes les nouvelles constructions.

Vancouver est la première ville en Amérique du Nord à se doter d'une telle politique, qui permet d'assurer une meilleure accessibilité pour tout le monde, notamment aux personnes à mobilité réduite et la population vieillissante.

Si la poignée de porte est l'image qui représente ce nouveau règlement, c'est en fait une image plutôt réductrice de l'enjeu. En fait, c'est bien plus que cela, puisque, dorénavant, chaque logement construit (que ce soit un condominium ou une maison) devra être doté d'embrasures de porte et d'escaliers plus larges. Il faudra également abaisser le niveau des interrupteurs sur les murs, rehausser celui des prises de courant et installer la salle de bain au rez-de-chaussée pour en faciliter l'accès à ceux qui ont de la difficulté à monter un escalier. Ajoutons à cela le renforcement des murs de la salle de bain pour y installer des barres de soutien. Sans oublier, le remplacement des robinets à boutons ronds par des robinets avec manettes.

Selon Jill Weiss, qui s'est battue pendant trois ans pour faire adopter la nouvelle réglementation, cela permettra de rendre la vie plus facile à bien du monde. Sauf dans son cas, puisque cela touche uniquement les nouvelles constructions.

La maison dans laquelle elle vit pour l'instant est une ancienne résidence, loin d'être adaptée à ses besoins. Elle qui se déplace en fauteuil roulant ne peut pas changer de logement pour l'instant et pour adapter sa maison, il lui faudrait patienter des années avant de pouvoir avoir accès à des fonds gouvernementaux. Transformer sa résidence lui coûterait des dizaines de milliers de dollars de rénovation. « C'est mon cadeau pour les générations futures », dit-elle. Selon ses calculs, il n'en coûterait que 600 $ de plus aux constructeurs pour adapter les nouveaux logements en construction.

Ces mêmes constructeurs et promoteurs immobiliers, qui sont tous en faveur d'une meilleure accessibilité, déplorent par contre le calcul fait par Jill Weiss. Selon eux, la facture s'alourdira d'entre 1000 et 10 000 $, selon le type de logement. Au final, le prix de ces nouvelles constructions augmenterait de 4000 à 5000 $, une somme supplémentaire dans le marché immobilier le plus cher au Canada.

Vancouver innove dans le domaine. En fait, elle est la seule ville au Canada qui a son propre code de construction. Elle a calqué ce nouveau règlement d'après le programme « Lifetime Houses » conçu par la ville de Londres, un programme qui va encore plus loin avec d'autres restrictions. Jill Weiss espère que Vancouver donnera des idées à la province ou encore au pays tout entier.

Avis aux Vancouvérois : la réglementation n'est pas rétroactive. Le remplacement des boutons de porte et toutes les autres adaptations ne sont pas obligatoires pour leurs logements actuels.

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