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07/01/2014 05:52 EST | Actualisé 09/03/2014 05:12 EDT

Fermeture du magasin Louis Laflamme

L'un des plus vieux commerces de vêtements pour hommes de Québec a fermé ses portes mardi. Après 30 ans, le magasin Louis Laflamme disparait du décor du Vieux-Québec.

Le propriétaire a vendu son magasin à une autre bannière, Ernest, faute d'avoir trouvé un acquéreur pour prendre le flambeau. « Ça donne un choc quand on prend la décision », reconnaît Louis Laflamme.

L'homme d'affaires a été le premier à Québec à vendre les collections des plus grands noms de la mode masculine. À 72 ans, l'heure de la retraite a sonné. Si son magasin l'a bien fait vivre, il reconnaît que la vie d'entrepreneur de commerce indépendant n'est pas toujours facile.

« C'est difficile même si on vend des choses qui sortent de l'ordinaire. Il y a des grandes chaînes qui font copier des choses qui sont quand même jolies à des prix dérisoires. On ne peut pas faire ça. Je ne peux pas vendre des chemises à 19,95 $. »

Le président de l'Association des gens d'affaires du Vieux-Québec, Jean-Pierre Du Sault, abonde dans le même sens. « [Ils ont] moins de pouvoir d'achat. Ils ne sont pas reliés à des grosses chaînes. Ils n'achètent pas à travers les grossistes et il y a le prix au pied carré, dans le Vieux-Québec, qui est plus dispendieux à cause des valeurs foncières qui ont augmenté. »

Le défi de la relève

Selon un professeur en entrepreneuriat et gestion de l'Université Laval, Denis J. Garand, le problème de relève préoccupe plusieurs commerçants. Au Québec, un entrepreneur sur deux prendra sa retraite d'ici 10 à 15 ans. « Ce problème de relève au Québec, on en parle et on en parle, mais est-ce qu'on agit suffisamment vite? Ma position à moi, c'est non. On devrait mettre énormément d'emphase sur cette question », affirme-t-il.

Toutefois, ajoute l'expert, l'industrie du commerce de détail indépendant ne donne pas de signe de déclin. De nouveaux modèles d'affaires apparaissent. « Il y a le commerce en ligne de vêtements pour hommes et pour femmes qui a pris de l'ampleur. »

Faute de relève, des boutiques pour hommes comme celle de Louis Laflamme risquent d'avoir de moins en moins pignon sur rue.

Le magasin Louis Laflamme avait ouvert ses portes en 1984.

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