QUÉBEC - Le militant indépendantiste Yves Michaud souhaite la disparition du Bloc québécois.

Aux yeux de l'ancien élu libéral passé dans le camp du Parti québécois au début des années 1970, le Bloc n'est plus qu'un repaire d'anciens députés péquistes déjà «gavés» mais désireux d'empocher une pension fédérale.

Avec ses quatre députés, sans capitaine pour mener la navire depuis la démission du chef Daniel Paillé en décembre dernier, le Bloc n'a plus aucune influence à Ottawa, pense M. Michaud. Au contraire, le Canada «n'a rien à cirer» de la présence d'une poignée de souverainistes isolés à la Chambre des communes, selon lui.

En entrevue lundi à La Presse Canadienne, M. Michaud a soutenu que le Bloc avait suffisamment «prêché dans le désert» et que le temps était venu de tirer un trait sur la formation créée en 1991 et dirigée à l'origine par Lucien Bouchard.

Pour l'ex-journaliste et ancien collaborateur de René Lévesque et Jacques Parizeau, la disparition du Bloc ne ferait que ramener le débat souverainiste où il doit être mené et scellé, soit au Québec même.

Devenu une quantité négligeable à Ottawa depuis le scrutin de 2011, le Bloc «n'aide pas» le mouvement souverainiste et ne sert plus que des intérêts particuliers, estime M. Michaud.

«Le seul avantage qu'il y a, c'est de permettre à des députés du Parti québécois comme (Serge) Ménard d'avoir (aussi) une pension du fédéral. Serge Ménard est un écumeur des fonds de l'État», a-t-il soutenu en faisant allusion à l'ex-parlementaire péquiste (1993-2003), bloquiste (2004-2011) et aujourd'hui président de la commission d'examen du «Printemps érable» lancée par le gouvernement Marois.

«Le seul avantage est d'engraisser des politiciens déjà repus, des politiciens gavés. C'est un avantage matériel, en espèces sonnantes, mais ça n'a rien à voir avec l'indépendance du Québec. Cela a à voir avec le confort et la rapacité financière de ceux qui profitent de ces fonds», a ajouté M. Michaud, toujours en verve à quelques semaines de son 84e anniversaire.