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06/01/2014 11:29 EST | Actualisé 08/03/2014 05:12 EST

Soudan du Sud: les acteurs régionaux et internationaux du conflit

Voici les principaux acteurs régionaux et internationaux du conflit au Soudan du Sud, qui a fait des milliers de morts et deux cent mille déplacés en trois semaines:

- Soudan:

Le gouvernement de Khartoum qui a combattu pendant des décennies de guerre civile ce qui était alors sa partie méridionale a peu réagi jusqu'ici. Néanmoins, le président Omar el-Béchir a appelé à la paix, lors d'une visite lundi à Juba pour des entretiens avec le président Kiir.

Le chef de la diplomatie soudanaise a aussi annoncé que Khartoum et Juba envisageaient de déployer une force mixte pour protéger les champs pétroliers au Soudan du Sud.

Le Soudan du Sud, dont presque tous les revenus viennent du pétrole, est dépendant des oléoducs du Soudan pour exporter son pétrole.

Le Soudan, longtemps opposé à l'indépendance du Soudan du Sud, qui date de 2011, estime que ce qu'il prévoyait -indépendance minée par des divisions ethniques et politiques- s'est réalisé en moins de trois ans. Mais à moyen et long terme, Khartoum affirme désormais qu'il est de son intérêt de promouvoir la stabilité chez son voisin du sud.

M. Béchir connaît bien et M. Kiir et M. Machar.

- Le Kenya, l'Ouganda et l'Ethiopie ont tous trois des ambitions de suprématie régionale et tentent d'user de leur influence pour faire cesser les combats.

- Kenya

Le Kenya est le principal investisseur africain au Soudan du Sud, où des Kényans sont nombreux pour y lancer des affaires.

Si le Soudan du Sud plongeait dans une guerre civile de grande envergure, le Kenya, qui accueille déjà 400.000 réfugiés somaliens, ferait face à un nouvel afflux de réfugiés.

Si les relations entre Khartoum et Juba étaient rompues, le Kenya comme l'Ouganda seraient les alternatives pour l'exportation du pétrole sud-soudanais.

- Ouganda

Dans les premiers jours du conflit, l'Ouganda a envoyé des troupes au Soudan du Sud, pour une mission d'évacuation de leurs concitoyens, ce qui se fit avec l'accord du président Kiir.

L'opposition ougandaise a critiqué la non-consultation du Parlement par le président Yoweri Museveni, des parlementaires estimant que les troupes désormais soutenaient le président Kiir, ce qui a été démenti par Kampala.

Pendant la guerre civile au Soudan, Museveni soutenait le Sud. C'était un ami personnel de John Garang, le dirigeant historique du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), mort en 2005.

- Ethiopie

L'Ethiopie accueille les pourparlers de paix entre les deux belligérants.

Ce pays de la Corne de l'Afrique, où se trouve le siège de l'Union africaine, se considère depuis longtemps comme détenant un rôle dirigeant régional.

- Les Etats-Unis

Les Etats-Unis ont été les parrains de l'indépendance du Soudan du Sud.

Washington fait pression sur MM. Kiir et Machar pour résoudre leur différends, et parvenir à un accord de cessez-le-feu, mais le gouvernement américain a évacué l'essentiel des membres de son ambassade à Juba, semblant afficher un manque d'optimisme sur l'issue des pourparlers.

- Chine

La Chine, qui a des relations étroites tant avec Khartoum que Juba, essaie également de négocier une trêve entre les camps en conflit au Soudan du Sud.

La Chine est un acteur-clé au Soudan du Sud, avec de forts investissements dans le secteur pétrolier. Il achète la plus grande partie de son pétrole brut.

- L'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD)

Cette organisation régionale d'Afrique de l'Est compte parmi ses membres le Soudan, l'Ethiopie, le Kenya et l'Ouganda.

L'IGAD a envoyé des émissaires dès le début du conflit.

Perçue au départ comme favorable à Kiir, l'IGAD demande désormais avec insistance la libération de onze prisonniers politiques qui sont d'importantes figures politiques, une revendication essentielle de M. Machar qui voudrait que plusieurs de ces personnalités participent aux pourparlers.

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