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Soudan du Sud: impasse lundi des négociations de paix amorcées dimanche

06/01/2014 05:27 EST | Actualisé 08/03/2014 05:12 EST

ADDIS ABEBA, Éthiopie - Le président du Soudan a profité d'une visite au Soudan du Sud, lundi, pour déclarer que 20 ans de guerre entre son pays et cet ancien ennemi ont enseigné à son peuple que le progrès passe obligatoirement par la négociation.

Le président soudanais Omar al-Bashir a fait cette déclaration au moment où le Soudan du Sud était en proie à la violence pour une troisième semaine consécutive.

Il a dit avoir craint, après avoir autorisé la tenue d'un vote de sécession au Soudan du Sud en 2011, que l'éclosion de violence signifierait «que notre énorme sacrifice ne portera pas fruit».

«Nous avons fini par comprendre (...) qu'un conflit armé ne résoudrait jamais un problème et nous savons que tout problème, peu importe sa complexité, peut être réglé autour de la table de négociations», a dit M. Bashir.

«Nous nous sommes battus pendant 20 ans et en bout de compte nous nous sommes assis pour discuter de la paix. Toute autre violence ne fera que perpétuer la souffrance de victimes innocentes et les pertes de vies et la destruction», a-t-il ajouté.

Amorcées dimanche, les négociations directes entre les deux factions en conflit au Soudan du Sud sont tombées dans l'impasse, lundi, en Éthiopie.

Il semble que les négociations visant à conclure un cessez-le-feu et à permettre la libération de prisonniers politiques aient été stoppées par des divergences sur l'agenda des entretiens entre les représentants du président Salva Kiir et de l'ancien vice-président Riek Machar.

Le conflit qui a éclaté le mois dernier a jusqu'ici poussé des centaines de milliers de personnes à fuir pour assurer leur sécurité. Selon les Nations unies, au moins 1000 personnes ont été tuées dans les violences. Les forces rebelles loyales à M. Machar contrôlent maintenant deux capitales régionales, notamment Bor, à environ 120 kilomètres de Djouba, la capitale.

La violence a éclaté il y a trois semaines quand, selon le président Kiir, des soldats fidèles à M. Machar ont tenté de renverser son gouvernement. M. Mahar nie ces allégations. Un conflit qui était tout d'abord politique semble maintenant avoir pris une teinte ethnique, des membres des deux tribus principales s'attaquant mutuellement.

Le ministre des Affaires étrangères de la Chine, Wang Yi, doit s'entretenir avec des représentants des deux parties, ce lundi, dans l'espoir que le conflit se règle. La Chine est le principal investisseur dans l'industrie pétrolière sud-soudanaise.

M. Bashir, pour sa part, s'est rendu à Djouba lundi, pour s'entretenir avec M. Kiir.

Après des décennies de guerre, le Soudan du Sud s'est pacifiquement séparé du Soudan en 2011. Les deux pays demeurent toutefois unis par le biais de leur industrie pétrolière, puisque le Sud doit exporter sa production par le biais de pipelines qui traversent le Soudan. Le Sud affirme que la production a été paralysée dans l'État d'Unity, le plus riche du pays, dont les forces loyales à M. Machar contrôlent la capitale, Bentiu.

Des ouvriers pétroliers provenant de Chine et du Pakistan ont aussi fui le pays en raison de la violence.

«Nous sommes convaincus qu'un conflit armé ne peut que donner naissance à des complications qui ne seront d'aucune utilité au peuple (du Soudan du Sud) et qu'on doit revenir à la table des négociations», a déclaré M. Bashir lors d'une conférence de presse.

M. Kiir a ajouté que «la prise de pouvoir par la force militaire est un crime» et que les gestes de M. Machar doivent être condamnés par la communauté internationale.

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