Tout ce que font les policiers, ou presque, est maintenant susceptible d'être filmé et diffusé sur le web. Pour protéger ses agents en cas de diffamation, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) envisage depuis quelques mois de les équiper de caméras, comme cela se fait notamment aux États-Unis.

Caméra à la boutonnière, à l'oreille ou encore sur des lunettes, « on connaît l'équipement », dit Ian Lafrenière, du SPVM.

« Ce n'est pas sur l'achat des appareils qu'on se questionne présentement, mais sur ce qu'on fera avec les images. » Avec ses 7000 employés, le SPVM veut s'assurer d'avoir les moyens de ses ambitions.

« On veut arriver avec une évaluation de coûts qui tient la route et qu'on ne se retrouve pas comme dans certains services de police américains qui sont passés de 2 à 26 personnes pour gérer les images », dit-il. « Combien de temps va-t-on les conserver? Si on les remet à la cour, il faut pouvoir démontrer qu'elles n'ont pas été altérées, etc. »

N'empêche qu'à l'ère où l'information se propage comme une traînée de poudre sur Internet, le SPVM doit pouvoir se défendre, croit M. Lafrenière. « Si les gens filment ce que les policiers font, c'est correct. Mais comme service de police, je dois avoir la possibilité d'expliquer notre côté de la médaille. Sinon, ça devient dangereux, parce qu'on peut juger un policier sur une image de quelques secondes sans avoir le contexte. » Le compte Twitter de l'organisation est notamment utile à cette fin, ajoute-t-il.