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06/01/2014 01:27 EST | Actualisé 08/03/2014 05:12 EST

Le consortium chargé des travaux du canal de Panama s'engage à négocier

Le consortium international chargé de l'agrandissement du canal de Panama, qui menace de suspendre les travaux en raison d'un conflit financier, s'est engagé à négocier avec le gestionnaire du canal suite à une médiation de la ministre espagnole de l'Equipement.

"L'engagement (du consortium) GUPC est que tout soit résolu dans le cadre du contrat et pour cela, ils vont s'asseoir pour dialoguer. Ainsi, nous parvenons à un premier accord", a déclaré lundi devant la presse la ministre espagnole Ana Pastor à la sortie d'une réunion avec le président du pays Ricardo Martinelli.

Arrivée dimanche au Panama, la ministre espagnole a mené de nombreux entretiens lundi pour tenter de trouver une issue au conflit entre le consortium international Groupe Uni pour le Canal (GUPC) et l'Autorité du canal de Panama (ACP) autour de la facture des travaux.

La crise a été provoquée par un courrier daté du 30 décembre dans lequel le groupe de BTP espagnol Sacyr, actionnaire majoritaire du GUPC, a menacé de suspendre le chantier dans un délai de 21 jours si l'ACP ne versait pas la somme de 1,6 milliard de dollars (environ 1,2 milliard d'euros).

Ce montant, supposé couvrir "les surcoûts" du chantier selon le GUPC, est jugé "irresponsable" par les autorités du Panama.

Appelant à "un accord qui soit bon pour les deux parties", Mme Pastor a espéré que "le problème soit réglé le plus tôt possible", sans toutefois indiquer si l'ultimatum du consortium était levé ou pas à l'issue de sa médiation.

Après sa rencontre avec la ministre, le président Martinelli a estimé que GUPC et l'ACP "devaient résoudre tous leurs problèmes, (si nécessaire) via un arbitrage" international, comme prévu par le contrat.

La ministre avait aussi rencontré lundi matin durant deux heures à huis-clos les responsables du consortium, dont le président de Sacyr, Manuel Manriquez, arrivé samedi à Panama.

Parmi les autres actionnaires du GUPC figurent l'entreprise italienne Impreglio, la belge Jan de Nul et la panaméenne Constructora Urbana.

De son côté l'ambassadeur d'Espagne au Panama Jesus Silva a précisé devant la presse que Madrid n'avait pas l'intention de "soutenir financièrement Sacyr".

"Il s'agit d'un problème entre une entreprise et son client" et la ministre "est venue au Panama pour favoriser le dialogue et trouver une solution", a-t-il précisé.

Un chantier "pour le monde"

Après ses réunions avec les membres du consortium et le président, Mme Pastor devait rencontrer les responsables de l'ACP, dont l'administrateur du canal Jorge Quijano, et le ministre des affaires relatives au canal Roberto Roy.

"Tous les Panaméens, y compris le gouvernement, ont un rôle à jouer et le souhait du président est que les travaux se poursuivent. C'est un chantier international, pour le monde" entier, a déclaré dimanche M. Quijano.

Des responsables d'ACP ont indiqué que des difficultés géologiques imprévues sont à l'origine des dépenses supplémentaires. GUPC fait porter la responsabilité du surcoût à l'ACP.

Le surcoût évoqué est considérable au vu du montant total du contrat remporté avec grand bruit en 2009 par le consortium. Une somme astronomique que GUPC attribue notamment à l"'inexactitude de l'information fournie au consortium" par l'ACP.

Coordinateur du consortium, Paolo Moder avait affirmé samedi que "les travaux seraient suspendus" si aucun accord n'était trouvé, tout en affirmant être "ouvert au dialogue".

"Ils nous mettent au pied du mur" avec cet ultimatum, avait répondu le lendemain l'administrateur Jorge Quijano, prévenant que l'ACP n'était pas disposée à être "l'otage d'un entrepreneur".

Ces travaux pharaoniques, d'un montant total de 5,2 milliards de dollars, ont commencé en 2009 et devaient initialement se terminer en 2014 afin de coïncider avec le centenaire du canal. Mais leur achèvement a été repoussé à 2015 après un premier désaccord dès le début du chantier entre l'ACP et GUPC sur la qualité du ciment utilisé.

L'essentiel de l'ouvrage porte sur la construction d'une nouvelle série d'écluses pour permettre le passage de navires transportant jusqu'à 12.000 conteneurs, plus du double de la charge actuelle autorisée.

Long de 80 km, le canal de Panama, par lequel transite 5% du commerce maritime mondial, a été inauguré en 1914 et avait été rétrocédé par les États-Unis à Panama en 1999.

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