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06/01/2014 04:05 EST | Actualisé 08/03/2014 05:12 EST

France: des employés mécontents séquestrent leurs patrons dans l'usine Goodyear

PARIS - Deux gestionnaires de l'usine de pneus Goodyear à Amiens, en France, étaient séquestrés lundi par des employés en colère, qui réclament de meilleures compensations pour la perte inévitable de leur emploi.

Goodyear tente de fermer son usine d'Amiens depuis cinq ans, sans succès. La plus récente tentative, lundi, a été reçue par une nouvelle démonstration de force des employés, qui ont enfermé leurs patrons dans une salle de conférence en bloquant la porte avec un immense pneu agricole.

L'un des gestionnaires captifs a déclaré lundi soir que la tactique de séquestration des syndiqués était dégradante et humiliante.

Le syndicat a accepté le principe des pertes d'emploi à l'usine, mais exige des compensations plus élevées pour les travailleurs licenciés.

Pour libérer leurs patrons, les syndiqués exigent une prime de licenciement de 80 000 euros (115 000 $) chacun, en plus de 2500 euros (3610 $) pour chaque année d'ancienneté.

Certains journalistes ont été autorités lundi à entrer dans la salle où les patrons sont gardés captifs. L'atmosphère était plutôt bon enfant et plusieurs employés riaient et s'exclamaient.

«Nous sommes pris dans cette salle depuis des heures, et il est hors de question que je réponde aux questions sous la pression», a déclaré Bernard Glesser, directeur des ressources humaines, aux journalistes qui voulaient l'interroger.

Les choses sont devenues plus tendues quand M. Glesser a affirmé que même s'il ne craignait pas pour sa sécurité, la situation était «complètement désagréable» et qu'il se faisait insulter et humilier.

«Escroc!» a crié un travailleur.

«Et nous, nous ne sommes pas humiliés depuis sept ans?» a lancé un autre.

Un troisième employé a tendu à M. Glesser un urinoir portable.

Une responsable syndicale, Evelyne Becker, a expliqué que les deux patrons avaient été empêchés de partir après une réunion particulièrement tendue avec les employés. Goodyear a confirmé que les deux gestionnaires étaient retenus contre leur gré.

Dans un communiqué, le syndicat a juré de continuer de se battre pour garder l'usine ouverte, même si plusieurs syndiqués ont déjà admis que cette lutte était déjà perdue.

«Nous voulons seulement continuer de travailler et ne pas gonfler les rangs des chômeurs et des marginalisés, et pour cela, si nous devons recourir à des méthodes extrêmes, nous n'hésiterons pas à le faire», affirme la lettre du syndicat.

Les séquestrations de patrons, qui se sont multipliées en France depuis 2009, sont passibles d'une amende de 75 000 euros (108 300 $), à condition que les responsables séquestrés soient libérés en une semaine ou moins.

Mais les syndiqués ne sont généralement pas poursuivis, et dans plusieurs cas, ils ont tenté de rendre la captivité de leurs patrons plus confortable.

En 2009, lors d'un événement semblable survenu à l'entreprise 3M, des travailleurs avaient apporté à leur patron captif un repas de moules et de frites.

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