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Syrie: 31 rebelles tués par leurs rivaux jihadistes (ONG)

05/01/2014 11:25 EST | Actualisé 07/03/2014 05:12 EST

Au moins 31 rebelles ont péri au cours des dernières 24 heures dans des attaques menées par des jihadistes principalement dans le nord de la Syrie, dans le cadre du nouveau front qui s'est ouvert entre les deux bords, a rapporté dimanche une ONG.

Les combats font rage depuis vendredi entre rebelles et combattants de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), un groupe affilié à Al-Qaïda qui était jusqu'à récemment leur allié dans la guerre contre le régime de Bachar al-Assad.

Ces affrontements ont éclaté lorsque des brigades rebelles, dont de nombreux islamistes, dans les provinces d'Alep (nord) et d'Idleb (nord-ouest) ont attaqué des barrages de l'EIIL, accusé de multiples abus mais aussi de vouloir prendre le contrôle total des zones rebelles.

Près de Tall Rifaat, une localité de la province d'Alep, au moins 10 rebelles ont été tués samedi par l'EIIL dans une attaque armée, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) citant des sources rebelles et médicales.

Dans la même région, à Hreitane, cinq rebelles ont péri samedi dans un attentat à la voiture piégée mené par l'EIIL, selon les mêmes sources. La brigade rebelle Liwa al-Tawhid, une des principales composantes de la coalition du Front islamique, a écrit sur sa page Facebook que cette attaque avait visé ses membres, sans préciser de bilan.

Le Front islamique est l'une des trois coalitions combattant l'EIIL, aux côtés de l'Armée des Moujahidines (islamistes) et le Front des révolutionnaires de Syrie (non islamiste).

A Atareb, ville de la province, des rebelles ont hissé le drapeau blanc, vert et rouge de la "révolution syrienne" à la place de l'étendard noir et blanc de l'EIIL.

Des combats ont éclaté également dans la ville même d'Alep. Samedi, l'EIIL a prévenu dans un enregistrement audio diffusé sur internet que si les rebelles maintenaient leur pression, il allait se retirer du front dans la ville et la province d'Alep et laisser le champ libre au régime.

Dans un autre communiqué, le groupe jihadiste a estimé avoir été "poignardé dans le dos" et dénoncer une campagne médiatique visant à le "diaboliser".

Depuis vendredi, les rebelles ont tué ou enlevé des dizaines de jihadistes, en particulier dans le nord du pays, selon l'OSDH.

Les affrontements se sont étendus dimanche vers d'autres province: à Idleb, dans le nord-ouest, quatre insurgés ont été tués dans une embuscade tendue par l'EIIL dans le district de Jabal al-Zawiya, et cinq autres ont été exécutés à Harem.

Des combats ont aussi éclaté dans la province de Raqa (nord), où le groupe jihadiste est très puissant.

Et dans la province de Hama (centre), l'EIIL a tué sept insurgés à Kafr Zeita après que les coalitions rebelles ont exigé que le groupe dépose les armes.

"Ce qui se passe maintenant, c'est un nettoyage au sein des rangs de la révolution", a affirmé à l'AFP un membre du Front islamique sous couvert de l'anonymat.

Par ailleurs, à Alep, 10 soldats syriens ont été exécutés par balles par le Front Al-Nosra, un autre groupe jihadiste, plusieurs jours après leur capture.

Signe des ramifications du conflit syrien dans les pays voisins, l'EIIL s'est emparé cette semaine de la ville irakienne de Fallouja et a revendiqué un attentat suicide au Liban contre un bastion du Hezbollah, parti chiite qui combat aux côtés du régime syrien.

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