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Soudan du Sud: les pourparlers ne doivent pas être un "stratagème" (Kerry)

05/01/2014 03:05 EST | Actualisé 06/03/2014 05:12 EST

Les pourparlers prévus ce dimanche entre les belligérants au Soudan du Sud ne doivent pas être un "stratagème" pour gagner du temps sur le terrain, a mis en garde le secrétaire d'Etat américain John Kerry.

"Les deux parties doivent placer l'intérêt du Soudan du Sud au-dessus du leur", a déclaré M. Kerry lors d'un point de presse à Jérusalem.

"Le début des négociations est (...) une étape très importante, mais ne vous trompez pas, c'est seulement une première étape. Il y a encore beaucoup à faire", a-t-il averti.

"Il faut que les négociations soient sérieuses, elles ne peuvent pas être une manière de gagner du temps, un stratagème" pour prendre l'avantage militaire, a-t-il insisté. Les responsables doivent avoir "du courage, de la résolution et une volonté claire de trouver une solution politique".

Des pourparlers directs entre belligérants au Soudan du Sud sont attendus dimanche à Addis Abeba, après une première rencontre samedi qui n'a pas fait cesser la violence sur le terrain, des tirs d'artillerie ayant notamment retenti à proximité du palais présidentiel à Juba.

Ces négociations visent à mettre fin à près de trois semaines de combats ayant fait des milliers de morts au Soudan du Sud, indépendant depuis 2011.

Les combats ont commencé le 15 décembre, quand le président Salva Kiir a accusé son ex-vice-président Riek Machar d'avoir tenté un coup d'Etat. M. Machar a rejeté l'accusation et reproché à M. Kiir d'avoir voulu éliminer ses rivaux.

Alors que la rivalité politique se double d'un conflit entre ethnies, les violences ont gagné une grande partie du pays, et les rebelles ont pris le contrôle de plusieurs régions pétrolifères du Nord.

Le conflit dans ce pays pauvre et enclavé de près de 11 millions d'habitants, déjà dévasté par deux décennies de guerre pour accéder à l'indépendance, a forcé environ 200.000 personnes à fuir leur foyer, selon l'ONU.

L'ambassade des Etats-Unis à Juba a appelé vendredi tous les Américains se trouvant au Soudan du Sud à quitter le pays en raison de la détérioration de la situation. Mais Washington, un soutien clé du jeune Etat, a assuré poursuivre ses efforts pour mettre fin aux violences.

"Nous allons oeuvrer à exercer une pression internationale sur n'importe quel élément qui tenterait d'utiliser la force pour prendre le pouvoir", a assuré M. Kerry.

L'usage de la force "n'est pas acceptable", a-t-il affirmé, ajoutant que le monde "regardait de très près pour voir si un arrêt des combats était effectif sur le terrain".

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