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Soudan du Sud: les négociations directes doivent commencer mais la guerre se poursuit

05/01/2014 06:18 EST | Actualisé 07/03/2014 05:12 EST

Les belligérants au Soudan du Sud devaient entamer dimanche à Addis Abeba des négociations directes pour tenter de mettre fin à trois semaines de combats mais ceux-ci se sont poursuivis dans la nuit avec des explosions et des tirs à l'arme lourde à Juba.

Ces négociations entre représentants du président Salva Kiir et de son rival, l'ex-président Riek Machar, dont les troupes s'affrontent depuis le 15 décembre, devaient débuter dans l'après-midi dans la capitale éthiopienne, après une ouverture formelle des pourparlers la veille, selon Addis Abeba.

Mais à Juba, la capitale, des explosions et d'intenses échanges de tirs à l'arme lourde et automatique ont résonné plusieurs heures dans la nuit de samedi à dimanche dans un quartier du Sud où sont situés le palais présidentiel, le parlement et la plupart des ministères, a constaté un journaliste de l'AFP.

Ces combats qui ont alimenté des spéculations sur la défection d'une nouvelle unité de l'armée régulière en faveur des rebelles avaient cessé dimanche dans la matinée. Mais ils ont provoqué la fuite d'habitants en direction du Sud, vers la frontière ougandaise.

L'armée sud-soudanaise a aussi poursuivi sa tentative de reprendre aux rebelles la ville stratégique de Bor, à 200 km au nord de Juba, selon son porte-parole Philip Aguer. La capitale de l'Etat de Jonglei, l'un des plus grands du pays, a déjà changé de mains à trois reprises depuis le début du conflit le 15 décembre.

Selon certaines informations, des affrontements auraient également éclaté dans la nuit à Yei, dans le Sud.

Devant la poursuite des combats, le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Tedros Adhanom, avait déclaré samedi soir à Addis Abeba que le "souhait de tous" était que "les négociations directes vers la paix au Soudan du Sud, qui sont officiellement ouvertes, soient un succès".

"Le Soudan du Sud mérite la paix et le développement, et non la guerre", a-t-il ajouté.

"Le gouvernement sud-soudanais et l'opposition se sont engagés à régler leurs différends politiques par le dialogue", a ajouté Seyoum Mesfin, envoyé spécial de l'Igad, le bloc des pays d'Afrique de l'Est qui assure la médiation.

Mais le ministre sud-soudanais de l'Information Michael Makuei, a réitéré dimanche les accusations de tentative de "coup d'Etat" à l'encontre de M. Machar et a rejeté l'idée de libérer des dirigeants rebelles prisonniers, comme le lui a demandé l'Igad "en signe de bonne volonté".

L'organisation estime qu'il y en a onze, dont d'anciens hauts dirigeants gouvernementaux, et pourrait les accueillir et détenir avant jugement, a déclaré le porte-parole du gouvernement éthiopien, Getachew Reda.

L'Union européenne a demandé pareillement une "libération accélérée de tous les dirigeants politiques détenus à Juba".

"Il nous est demandé de négocier avec les rebelles. Mais tout rebelle qui est tombé entre nos mains, devra répondre à la question de savoir pourquoi il ou elle a pris les armes contre un gouvernement démocratiquement élu", a déclaré M. Makuei.

En visite à Jérusalem, le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a demandé des négociations "sérieuses" qui ne soient pas "une manière de gagner du temps, un stratagème" pour prendre l'avantage militaire.

Plusieurs centaines de civils touchés par le conflit

Le chef de la délégation de Juba, Nhial Deng Nhial, avait promis auparavant de "tout faire" pour trouver une solution pacifique, mais a averti que le gouvernement "avait une obligation de rétablir la paix et la sécurité par tous les moyens disponibles".

Son homologue rebelle, Taban Deng, s'est dit prêt à négocier un cessez-le-feu et a aussi demandé que soient abordées "les questions politiques".

Le conflit au Soudan du Sud - dont l'économie repose sur l'exploitation du pétrole - aurait déjà fait des milliers de morts.

Les combats ont commencé quand M. Kiir a accusé M. Machar - limogé de son poste en juillet 2013 - d'avoir tenté un coup d'Etat. M. Machar a rejeté cette accusation, reprochant au président d'avoir voulu éliminer ses rivaux. La rivalité politique se double d'un conflit entre ethnies, Dinka de M. Kiir et Nuer de M. Machar.

Les rebelles ont pris le contrôle de plusieurs régions du Nord, riches en pétrole.

Les conflits dans ce pays enclavé de près de 11 millions d'habitants, indépendant depuis 2011, ont forcé environ 200.000 personnes à fuir leurs foyers et "touché indirectement plusieurs centaines de milliers de personnes", a déclaré le coordinateur humanitaire de l'ONU au Soudan du Sud, Toby Lanzer.

"Davantage de gens sont arrivés dans nos camps à Juba (...) Nous accueillons désormais 30.000 personnes dans la seule capitale", a-t-il déclaré, ajoutant que la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss) allait "renforcer sa présence".

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