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Musharraf, malade, ne se présentera pas lundi à son procès (avocat)

05/01/2014 03:29 EST | Actualisé 06/03/2014 05:12 EST

L'ex-président pakistanais Pervez Musharraf, victime d'un malaise cardiaque cette semaine avant son procès pour trahison, ne se présentera pas devant ses juges lundi, a annoncé dimanche l'un de ses avocats.

M. Musharraf, 70 ans, à la tête du Pakistan de 1999 à 2008, a été hospitalisé jeudi à l'Institut de cardiologie des forces armées de Rawalpindi, dans la banlieue de la capitale Islamabad.

L'ancien dirigeant militaire devait comparaître le même jour pour "haute trahison", un crime passible de la peine de mort, pour avoir suspendu la Constitution et décrété l'état d'urgence en 2007.

"Le monde entier sait qu'il est malade. Le monde entier sait qu'il se trouve en USI (unité de soins intensifs) et le tribunal le sait aussi", a déclaré à l'AFP Ahmed Raza Kasuri.

"Il nous suffit de faire une demande orale au tribunal le priant de le dispenser de présence pour raisons de santé", a-t-il ajouté.

Le tribunal a ajourné l'audience en sommant M. Musharraf de comparaître lundi.

M. Musharraf ne sollicite pas de "traitement de faveur", a assuré son avocat. "La vie humaine est au-dessus de la justice", a-t-il dit.

Une partie de la presse estime que cette hospitalisation est une stratégie du clan Musharraf afin d'éviter à l'ancien chef des armées de comparaître dans ce procès pour trahison.

M. Musharraf est mis en cause dans de nombreuses affaires, incluant le meurtre de son ex-rivale Benazir Bhutto.

Si ses médecins lui recommandent de subir des traitements à l'étranger, la cour sera tenue de le laisser voyager alors qu'il est pour le moment interdit de sortie du territoire, soutiennent ses avocats.

Certains observateurs avancent que son départ à l'étranger pour raisons médicales est nécessaire afin d'éviter de mettre sous tension les relations entre l'armée et le pouvoir civil dans un pays à l'histoire jalonnée de coups d'Etat.

Siddiq-ul-Farooq, un porte-parole du parti au pouvoir, la Ligue Musulmane de Nawaz Sharif (PML-N), a démenti toute tractation à ce sujet.

"Aucune pression extérieure n'aura lieu: il faut laisser la justice suivre son cours", a-t-il déclaré à l'AFP. "Si le tribunal autorise Musharraf à voyager à l'étranger pour raisons médicales, nous ne n'y opposerons pas", selon lui.

M. Musharraf a déjà demandé à plusieurs reprises, sans succès, à se rendre au chevet de sa mère malade à Dubaï.

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