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Élections sous haute tension au Bangladesh

05/01/2014 03:22 EST | Actualisé 06/03/2014 05:12 EST

Les Bangladais étaient appelés à voter dimanche dans des élections entachées de violence et boycottées par le principal parti d'opposition.

Après des mois d'affrontements sanglants, de grèves et de manifestations, les plus graves depuis l'indépendance, des milliers d'opposants au gouvernement ont incendié ou vandalisé plus de 200 bureaux de vote.

Une attaque coordonnée a également été organisée contre la police dans le nord du pays. Une quantité de bulletins de vote ont aussi été publiquement brûlés.

Au moins 13 personnes sont mortes depuis samedi soir, selon un bilan provisoire de la police. Deux d'entre elles ont été battues à mort en protégeant les bureaux de vote, et un chauffeur de camion a péri dans son véhicule incendié par des assaillants. Les autres victimes sont des militants de l'opposition abattus par les forces de l'ordre.

Au moins 50 000 soldats sont déployés depuis le 26 décembre pour assurer la sécurité dans le pays.

Les violences, qui ont aussi fait plus de 100 morts durant la campagne électorale, ont dissuadé bon nombre d'électeurs de se déplacer pour voter. On croit que la participation pourrait être inférieure à celle de 26 % enregistrée en 1996 lors d'une élection truquée.

Les bureaux de vote sont maintenant fermés. Les résultats devraient être connus tôt lundi matin.

Boycottage

Le parti de la première ministre sortante, Sheikh Hasina Wajed, se dirige vers une victoire facile. Il n'a pas d'adversaires dans plus de la moitié des 300 circonscriptions.

L'opposition a boycotté le scrutin pour dénoncer la décision du gouvernement sortant de ne pas former un gouvernement apolitique de transition pour superviser les élections, comme ce fut le cas dans le passé.

Les grèves, les manifestations et les blocus routiers organisés par l'opposition n'ont toutefois pas réussi à faire dérailler le processus électoral.

« J'appelle mes compatriotes bangladais à boycotter totalement cette farce scandaleuse », a encore lancé la chef de l'opposition, Khaleda Zia, vendredi, elle qui est en résidence surveillée depuis la fin décembre.

La première ministre l'a accusée de « prendre le pays en otage ».

Les deux femmes dominent la scène politique du pays depuis 20 ans. En octobre, une conversation téléphonique acrimonieuse était leur première discussion en plusieurs années.

Sans observateurs internationaux

« Ces élections ne vont nullement contribuer à résoudre le blocage que nous observons depuis quelques mois », a souligné Iftekhar Zaman, directeur pour le Bangladesh de Transparency International, organisme spécialisé dans la lutte contre la corruption.

« Le Parlement qui en émergera sera un Parlement sans opposition, et nous allons au-devant d'une très grave crise de légitimité », a-t-il ajouté.

Les États-Unis, l'Union européenne et le Commonwealth ont tous refusé d'envoyer des observateurs électoraux après l'échec de pourparlers organisés sous l'égide de l'ONU.

L'Union européenne a déploré l'incapacité des autorités à « créer les conditions nécessaires à la tenue d'élections transparentes ».

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