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Le président égyptien rend visite au pape copte, une première en 40 ans

05/01/2014 06:12 EST | Actualisé 07/03/2014 05:12 EST

LE CAIRE, Égypte - Le président par intérim de l'Égypte a effectué une rare visite au pape copte à l'approche des célébrations du Noël orthodoxe, un effort visant à projeter une image inclusive en prévision du référendum sur la Constitution qui aura lieu à la mi-janvier.

Cette visite hautement symbolique d'Adly Mansour au pape Théodore II d'Alexandrie, ou Tawadros II, à la cathédrale Saint-Marc, le siège papal, était une première depuis que le chef socialiste Gamal Abdel-Nasser a assisté à la cérémonie de consécration de la cathédrale, il y a plus de 40 ans.

La visite de M. Mansour souligne la perspective religieuse du gouvernement institué par l'armée et l'absence de la rhétorique religieuse des plus radicaux des alliés de l'ancien président islamiste Mohammed Morsi pendant son année au pouvoir. La tension et la méfiance définissaient alors ses relations avec les communautés chrétiennes.

Une attaque perpétrée contre la cathédrale Saint-Marc en avril dernier a encore plus attisé les inquiétudes des chrétiens à l'endroit du président Morsi, en plus de révéler leur vulnérabilité.

Bien que le président avait alors déploré l'attaque, le pape Théodore II l'a accusé d'avoir négligé la protection de la cathédrale. C'était la toute première attaque du siège papal de l'église égyptienne orthodoxe.

M. Morsi a été éjecté du pouvoir après un coup d'État, le 3 juillet. Il subit présentement un procès pour des accusations qui pourraient lui valoir la peine de mort.

«La visite enverra le message que les choses sont bien différentes de ce qu'elles étaient à l'époque de Morsi», a affirmé Michael W. Hanna, un expert sur l'Égypte de New York.

«C'est un style différent et cela aura vraisemblablement un effet positif sur les coptes», a ajouté M. Hanna, qui croit que le référendum pourrait entraîner une participation électorale plus élevée qu'à l'habitude chez les chrétiens, qui boudent généralement les élections.

Le projet de Constitution qui sera soumis au vote plus tard ce mois-ci met de l'avant l'égalité de tous les Égyptiens et donne au parlement le pouvoir d'adopter une nouvelle loi qui faciliterait la construction et le maintien d'églises.

Si elle reçoit une majorité d'appuis, cette version hautement amendée de la Constitution islamiste, adoptée en 2012 sous M. Morsi, avalisera la légitimité de l'administration et lui permettra d'enclencher des élections présidentielles et parlementaires.

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