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Irak: des combats sporadiques reprennent à Ramadi et Fallouja

05/01/2014 06:04 EST | Actualisé 07/03/2014 05:12 EST

Des combats sporadiques ont éclaté dimanche à Ramadi et dans les environs de Fallouja, tombée aux mains d'insurgés liés à Al-Qaïda, jugés très dangereux par les Etats-Unis qui ont promis aux autorités de Bagdad leur soutien, mais à distance.

La prise de Fallouja et d'une partie de Ramadi par des combattants de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL, lié à Al-Qaïda) est la première action de cette ampleur de jihadistes depuis l'insurrection ayant suivi l'invasion américaine en 2003.

Les deux villes, situées à 60 et 100 km à l'ouest de Bagdad, avaient été des bastions insurgés et les forces américaines y avaient subi leurs plus lourdes pertes depuis la guerre du Vietnam.

Mais désormais, il revient aux forces irakiennes de mener la bataille, a rappelé dimanche matin le secrétaire d'Etat américain John Kerry, lors d'un point de presse à Jérusalem.

"Les Etats-Unis continueront d'être en contact étroit" avec les autorités de Bagdad, "nous les aiderons dans leur combat mais c'est un combat qu'elles doivent à terme gagner elles-mêmes et j'ai confiance dans le fait qu'elles peuvent y parvenir", a affirmé M. Kerry.

"Nous sommes très, très préoccupés" par la montée en puissance de l'EIIL en Irak, a déclaré M. Kerry. "Ce sont les acteurs les plus dangereux dans la région", a-t-il ajouté en évoquant "leur barbarie" et "leur brutalité".

Pour autant, les derniers soldats américains ont quitté l'Irak il y a plus de deux ans et "nous n'envisageons pas de renvoyer des troupes au sol", a insisté M. Kerry.

Dans la province d'Al-Anbar, dont Ramadi est le chef-lieu, quatre forces étaient désormais en présence: les forces de sécurité et leurs alliés tribaux, l'EIIL et les forces anti-gouvernementales du "Conseil militaire des tribus".

Il n'était pas possible de savoir dans l'immédiat qui était impliqué dans les combats qui avaient lieu dimanche matin.

'Nous ne céderons pas'

Les violences ont éclaté lundi à Ramadi, quand les forces de sécurité ont démantelé le principal campement de protestation sunnite du pays, qualifié par les autorités de repaire d'Al-Qaïda, et se sont rapidement étendus à Fallouja.

Les forces de sécurité se sont retirées des deux villes, anciens bastions de l'insurrection anti-américaine, laissant le champ libre aux insurgés.

Aucun bilan général des combats n'était disponible, mais selon les autorités, ils ont fait plus de 160 morts, essentiellement des combattants de l'EIIL, pour les seules journées de vendredi et samedi.

Le groupe lié à Al-Qaïda est devenu une force majeure dans le conflit syrien, tout en menant en Irak des attentats sanglants ou des assauts audacieux contre des prisons.

"L'EIIL a réussi à tirer profit de ses réseaux et de ses capacités en Irak pour avoir une présence forte en Syrie, et il a utilisé sa présence en Syrie pour renforcer ses positions en Irak", a expliqué Daniel Byman, un expert au Brookings Institution's Saban Center for Middle East Policy.

Le ministère irakien de la Défense a d'ailleurs récemment annoncé que des photos aériennes et des informations laissaient penser que les combattants en Irak avaient reçu de Syrie des armes et des équipements modernes, et reconstruit d'anciens camps détruits dans l'ouest d'Anbar.

"Nous ne céderons pas tant que nous n'aurons pas vaincu tous les groupes terroristes et sauvé notre peuple à Anbar", a assuré samedi le Premier ministre Nouri al-Maliki, un chiite accusé d'accaparer le pouvoir et de marginaliser les sunnites.

A Fallouja, l'électricité était coupée et la pénurie de carburant rendait les générateurs inutilisables. Craignant que les combats ne fassent que commencer, de nombreux habitants ont quitté la ville.

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