POLITIQUE

La FTQ veut tourner la page sur Charbonneau et combattre Harper en 2014

05/01/2014 12:29 EST | Actualisé 07/03/2014 05:12 EST
PC

MONTRÉAL - Redorer l'image du syndicalisme et lutter âprement contre les politiques «anti-travailleurs»; voilà les objectifs ambitieux que se donne la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) pour l'année 2014.

Manifestement désireux de tourner la page sur une année 2013 mouvementée qui aura vu le départ de son ex-président Michel Arsenault, coincé dans les allégations énumérées à la Commission Charbonneau, Daniel Boyer et Serge Cadieux, respectivement président et secrétaire général de la centrale syndicale, ont tenu dimanche à se tourner vers l'avenir, entre autres vers l'échéance électorale fédérale de 2015.

La FTQ affirme en effet vouloir se consacrer corps et âme à la défense des acquis syndicaux, qu'il s'agisse de la formule Rand, des régimes de retraite à prestations déterminées, ou encore des crédits d'impôts accordés aux fonds de travailleurs.

«Le Canada est le pays de l'OCDE qui verse le moins de contributions dans les régimes publics de retraite», a mentionné M. Cadieux lors de la conférence de presse.

«Nous sommes les derniers, et il y a une pression énorme sur le Canada pour les améliorer. Ce n'est pas pour rien que les autres provinces embarquent dans ce dossier. La question de la sécurité des régimes de retraite n'est pas seulement une responsabilité des employés, mais aussi des employeurs et des gouvernements.»

MM. Boyer et Cadieux annoncent également une campagne de mobilisation contre Stephen Harper et ses troupes conservatrices, disant vouloir faire «tout ce qui est possible» pour assurer que le Parti conservateur n'obtienne pas de nouveau mandat.

«Il y a un forum social des peuples qui se tiendra au mois d'août prochain, qui rassemblera des gens un peu plus à gauche, sociaux-démocrates, qui auront tous un objectif commun, soit celui de battre Stephen Harper en 2015», lance Daniel Boyer.

«On veut battre le gouvernement Harper en 2015; [...] on se doit de se débarrasser de ce gouvernement-là», poursuit-il, tout en reconnaissant que «ce n'est pas nous, au Québec, qui l'avons élu».

Les chefs de la FTQ s'intéresseront aussi à la politique provinciale; s'ils disent avoir constaté des gestes plus «sociaux-démocrates» de la part du Parti québécois au cours de la dernière année, MM. Boyer et Cadieux prévoient faire pression sur les principaux partis d'opposition pour faire cesser «l'obstruction systématique» contre des mesures progressistes de la part du Parti libéral et de la Coalition avenir Québec.

Pas question, cependant, d'appuyer ouvertement le Parti québécois à l'occasion d'un éventuel scrutin printanier. La FTQ n'avait appuyé aucun parti en 2012, préférant plutôt vendre un «plan d'action» en quatre points. «La dernière fois que nous avons appuyé le PQ, ils ont fini derniers! Nous devrions plutôt appuyer le Parti conservateur...», ont lancé, sourire aux lèvres, MM. Boyer et Cadieux.

Les deux dirigeants comptent prendre leurs distances avec les révélations qui ont entaché la réputation de la FTQ devant la commission Charbonneau et souhaitent revenir à l'«essentiel» de la mission syndicale.

Les deux hommes ont d'ailleurs semblé quelque peu lassés d'être sous le feu des projecteurs médiatiques en raison de la Commission Charbonneau, allant même jusqu'à affirmer qu'ils trouvaient que la juge «s'acharnait sur la FTQ».

«Mais ce n'est pas à nous de lui dire comment faire son travail», précisera-t-on immédiatement après.

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